23ème conférence mondiale de l’ILGA à Genève: une démonstration du rôle nécessaire du mouvement LGBT dans le monde d’aujourd’hui

ONG vieille de 28 ans, l’ILGA est la seule fédération mondiale d’associations, plus de 500 à ce jour, s’employant à obtenir l’égalité des droits pour les personnes LGBT partout dans le monde.

Les membres de l’ILGA se réunissent tous les deux ans pour décider de l’ordre du jour de l’association, élire ses représentants, tisser des liens, partager et exprimer leurs inquiétudes sur les violations des droits de l’homme encore commises sur la base de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre. Aujourd’hui, quelques 75 pays criminalisent encore l’homosexualité et 9 prévoient encore la peine de mort pour la condamner.

L’inclusion des droits des Transgenres
On se souviendra sûrement de cette 23ème conférence de l’ILGA comme étant celle pendant laquelle les représentants de la communauté des activistes LGBT du monde entier ont avancé vers une plus grande prise en compte de l’identité de genre dans le mouvement global de l’égalité LGBT.

En plus d’une pré-conférence très dense de deux jours sur l’identité de genre, les membres de l’ILGA ont voté pour la création d’un secrétariat qui se concentrera sur les droits des personnes transgenres (l’institut Runa du Pérou a été élu à cette position dans l’intérim) et en faveur de nombreux changements dans la constitution de l’ILGA afin de donner une meilleure reconnaissance et une place plus large aux difficultés rencontrées par les personnes transgenres dans le monde.

Pour la défense des travailleurs LGBT et de la jeunesse
Les autres thèmes majeurs de cette réunion Internationale ont été la promotion de la santé pour les personnes LBGT et les religions et l’homosexualité. Une initiative spontanée a aussi vu le jour sous la forme d’une déclaration pour une meilleure représentation de la jeunesse au sein de l’ILGA.

Une journée complète de réunions sur le thème de la discrimination dans le monde du travail a donné l’occasion à des syndicats internationaux, comme Public Services International (Fonctionnaires Internationaux) et Education International (Education Internationale), ainsi qu’à des entreprises privées telles qu’IBM et British Telecom de présenter leurs politiques pour la défense des travailleurs LGBT. Roberto Mendoza a raconté son expérience d’ancien employé de Coca Cola Mexique licencié sur la base de son orientation sexuelle.

Une plate-forme pour le mouvement LGBT africain
Malgré les difficultés à obtenir des visas, une délégation de 15 représentants de l’Afrique à la fois francophone et anglophone a été invitée. Les représentants du Cameroun et du Nigeria ont confirmé de façon choquante l’étendue de l’homophobie dans leurs pays, avec notamment des comptes rendus de l’expulsion récente d’un groupe d’étudiantes au Cameroun qui avaient été accusées d’être lesbiennes et des détails de l’affaire des 11 camerounais arrêtés en juin dernier et actuellement emprisonnés dans l’attente de leur procès pour homosexualité.

La conférence a offert une plate-forme aux activistes LGBT pour discuter de la façon dont la communauté LGBT en Afrique peut accroître sa visibilité et travailler dans le sens d’une plus grande unité et d’un plus grand maillage entre les organisations LGBT africaines dans leur combat pour les droits LGBT. L’ILGA a également accueilli à Genève l’élection de deux nouveaux membres du bureau venant d’Afrique.

Protestation des participants en face de la mission permanente russe
Les participants à la conférence ont également été sensibles à l’appel de l’activiste russe, Nikolai Alekseev, à réagir aux récentes déclarations homophobes contre la Gay Pride de Moscou. Catherine Gaillard, représentante de l’organisation lesbienne genevoise Lestime et chef du conseil municipal de Genève, a servi d’intermédiaire avec les autorités locales pour organiser une manifestation. Plus de 100 activistes de 35 pays différents ont manifesté devant la mission diplomatique russe, à 100 mètres du siège des Nations Unies.

Contre une lecture fondamentaliste des religions sur l’homosexualité
Le travail initié par le groupe sur les religions et l’homosexualité, organisé par l’ILGA aux Nations Unies en 2005, a fait l’objet d’une mise a jour intéressante à Genève. Les représentants de diverses obédiences, au rang desquels le rabbin François Garai, l’imam musulman Muhsin Hendricks et l’évêque Michael Ingham se sont engagés à plusieurs occasions dans un dialogue inter religieux très inspiré lors de la conférence de l’ILGA.

La conférence a aussi donné naissance à une nouvelle Initiative pour la Défense du Genre, de la Sexualité et des Droits de l’Homme dans les Communautés Mulsumanes, et permis à l’ILGA de rencontrer la rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la Liberté de Religion ou de Croyance, Asma jahangir.

Particulièrement émouvant, un communiqué de Sa Sainteté le Dalai Lama a officiellement ouvert cette 23ème conférence mondiale de l’ILGA. Les participants se sont levés pour lui faire une ovation. S.S le Dalai Lama a exprimé son inquiétude face aux "rapports faisant état de violences et de discriminations à l’encontre des personnes gays, lesbiennes, bisexuelles et transgenres" et "demande le respect, la tolérance et la reconnaissance totale des droits de l’homme pour tous".

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