Les droits du jeune travesti bafoués, selon une experte


 

PHOTO LE JOURNAL DE MONTRÉAL, MARIE-CHRISTINE NOËL

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Les droits de l’adolescent à qui on a interdit de porter une jupe à l’école ont été bafoués, ce qui pourrait motiver une plainte devant la Commission des droits de la personne, est d’avis une psychologue spécialisée dans les questions d’identité sexuelle.

«C’est son droit le plus strict […] Il n’y a aucune ambiguïté», a expliqué Françoise Susset, psychothérapeute qui intervient régulièrement dans les écoles primaires et secondaires sur les questions qui touchent à l’expérience de genre.

«Le code (vestimentaire de l’école) peut dire ce qu’il veut. Les personnes trans, tous les garçons et toutes les filles, doivent être prises sur un pied d’égalité», a martelé Mme Susset.

L’histoire de cet adolescent de 16 ans qui souhaite porter l’uniforme féminin, dont la jupe, à son école de la Rive-Nord a fait beaucoup réagir, vendredi.

Gabriel, nom fictif donné par Le Journal pour protéger son identité aurait fait des demandes répétées auprès d’une intervenante pour qu’on lui donne le choix de vêtir l’uniforme qu’il désire, ce qui lui aurait été refusé. On l’a même obligé à retirer la jupe qu’il portait, mercredi.

Rencontre du directeur

Au lendemain de la publication de son histoire dans Le Journal, l’élève qui se définit comme travesti aurait eu une rencontre avec le «grand» directeur de l’école. Une information que la Commission scolaire de la Rivière-du-Nord n’a pu confirmer.
«Il m’a dit qu’il n’était pas au courant et que lui, il m’appuie dans mes démarches» a expliqué Gabriel qui affirme que ce n’est pas le cas de tous.

Si l’élève a confié que cette rencontre lui avait fait plaisir, il pense tout de même «qu’ils n’ont pas vu (au départ) à quel point j’avais mal», a-t-il écrit par texto.

La psychologue, Mme Susset, avoue que lorsqu’un cas comme celui-ci survient «ça peut être déroutant pour une école. La cofondatrice de l’Institut pour la santé des minorités sexuelles ajoute que les établissements et commissions scolaires «ne sont pas outillés» pour faire face à ce genre de situation. Elle croit même que le ministère de l’Éducation devrait agir.

«Ça doit devenir une priorité. Bientôt, on aura du mal à trouver une école qui n’est pas aux prises avec une situation semblable. […] Le discours arrive à un point tel que les écoles ne peuvent plus l’ignorer.»

– Avec la collaboration de Dominique Scali.

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