Ukraine: 25 interpellations lors d’une marche des LGBT


Selon la police, 25 personnes ont été interpellées. PHOTO OLEG PEREVERZEV, AFP

Selon la police, 25 personnes ont été interpellées.
PHOTO OLEG PEREVERZEV, AFP

Vingt-cinq personnes ont été interpellées samedi à Kiev dans des heurts qui ont fait au moins six blessés lors d’une «marche pour l’égalité», à laquelle participaient une centaine de militants des droits des homosexuels, selon un journaliste de l’AFP.

Il s’agit de la seconde Gay Pride jamais organisée en Ukraine où l’homophobie reste très répandue.

La marche a débuté vers 10H40 sur les rives du Dniepr, bien loin du centre de Kiev, sous haute protection policière.

Avant même son lancement, une vingtaine de militants ultranationalistes s’étaient réunis non loin afin de perturber la marche. La plupart portaient des cagoules noires recouvrant leur visage.

Des heurts ont rapidement éclaté avec les forces de l’ordre. Cinq policiers ont été blessés, dont un qui se trouve dans un état grave, a indiqué le ministère de l’Intérieur dans un communiqué. Un journaliste de l’AFP a également vu un militant ultranationaliste blessé.

Selon la police, 25 personnes ont été interpellées.

La «marche de l’égalité» pour soutenir les droits des LGBT (lesbiennes, homosexuels, bisexuels et transgenres) a néanmoins bien eu lieu et a duré une dizaine de minutes.

Les militants ont brandi des drapeaux aux couleurs de l’arc-en-ciel et des pancartes. «J’ai le droit d’être ici», proclamait l’une d’elles.

«Cette marche prouve que nous existons. (…) J’ai très peur, mais je suis aussi très fière de moi, pour être venue», a déclaré à l’AFP Vira, une militante LGBT de 31 ans, qui a fait la route depuis Kharkiv, grande ville industrielle proche de la zone du conflit dans l’Est séparatiste prorusse.

«La communauté LGBT est sortie de l’ombre aujourd’hui et a montré qu’elle voulait que ses droits soient reconnus. Mon fils est homosexuel et je regrette profondément que les hétérosexuels ne soient pas venus soutenir leurs enfants», a ajouté une autre participante, Olena Globa, admettant elle aussi avoir «très peur».

L’homosexualité, qui était punie par la loi en URSS, reste très stigmatisée en Ukraine, ex-république soviétique où l’Église orthodoxe a une forte influence.

Pour des raisons de sécurité, les militants ont décidé de se rassembler dans un endroit assez éloigné du centre qui n’a été communiqué aux participants et aux journalistes que samedi matin.

La première Gay Pride dans l’histoire de l’Ukraine indépendante avait eu lieu en 2013, réunissant près de cent personnes à Kiev.

En 2014, la «marche de l’égalité» avait été annulée, la police ayant refusé d’en assurer la sécurité, avaient affirmé les organisateurs.

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