Le jour que j’ai appris qu’un de mes plus proches amis était homosexuel, je lui ai félicité pour son courage et je lui ai demandé ce qu’il planifiait faire durant sa première semaine de vacances; ensuite, j’ai pris une autre gorgée de son cappucino.
Ce n’est pas que sa révélation ne m’avait pas touché, c’est plutôt parce que j’ai dû m’en douter un peu, quoique de façon subconsciente et ce, depuis quelques temps. Quels étaient donc les « signes » ? Je ne pourrais pas vous le dire car à mes yeux, ils n’étaient pas importants. Ce qui était important pour moi, c’était ce que cet homme m’offrait comme amitié.
Mon meilleur ami est le gars le plus créatif que je connaisse, il est toujours, mais toujours de bonne humeur et il est tout le temps disponible lorsque j’ai besoin d’aide. Je suis fière d’avoir un ami qui a non seulement relevé des défis importants mais qui en crée même des nouveaux! Je suis fière de lui non parce qu’il est homosexuel (car, avouons-le, pour certains, exclamer qu’on connait quelqu’un qui est « différent » laisse supposer qu’on possède une plus grande ouverture d’esprit que l’on a vraiment
), mais parce qu’il est capable de vivre sa vie en rejettant ce dont les autres peuvent penser de lui. En effet, peu de gens peuvent affirmer vivre une telle vie, qu’ils soient gais, jaunes, blancs ou noirs.
Je dois avouer, par contre, que depuis le jour que mon ami m’a annoncé son homosexualité, nous nous sommes beaucoup rapprochés. Par contre, je ne suis pas prête à déclarer que c’était un phénomène « cause à effet ». En effet, il y a eu d’autres facteurs qui ont permis l’expansion de notre amitié, soit son retour à Montréal ou bien notre intérêt commun pour la musique. Or, ce qui est certain, c’est qu’en m’annonçant qu’il était gai, j’ai réalisé qu’il était fier de sa personne, ce que peu de gens peuvent proclamer, qu’ils soient hétérosexuels ou non.
- Anonyme