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La violence conjugale dans la communauté LGBT*

*(lesbienne, gaie, bisexuelle et transsexuelle)

Au cours de l’histoire, la violence conjugale chez les couples de même sexe a fait l’objet d’un silence absolument écrasant. Plusieurs croient encore que la violence dans un couple de même sexe n’existe pas et les personnes qui en sont victimes ont souvent honte d’en faire part à leur communauté ou à leur famille. En fait, de nombreuses études ont démontré que la violence dans les couples hétérosexuels et dans les couples de même sexe se produit à peu près à la même fréquence (un sur quatre).

Les mythes sur la violence conjugale dans les couples de même sexe

Le mythe : La violence entre deux hommes ou deux femmes est une « querelle » entre égaux.

La vérité : La violence conjugale n’est pas une querelle exécutée en consensus, peu importe les personnes impliquées. Les relations saines et fondées sur l’amour ne contiennent pas de bagarre physique. La violence conjugale, c’est le désir d’une personne de contrôler et de dominer une autre personne; les deux personnes impliquées peuvent être soit des hommes, soit des femmes. Un abuseur n’est pas nécessairement plus grand et plus fort que la personne qu’il violente.

Le mythe : Si vous vous défendez, ce n’est pas de la violence conjugale.

La vérité : Le fait de se défendre ne constitue pas un acte de violence conjugale et ne fait pas de la relation une « relation abusive réciproque ». Les survivantes et survivants ont fait usage de violence pour plusieurs raisons, y compris l’auto-défense, le désespoir, la colère et la tentative de mettre frein à l’acte de violence. Lorsque les survivantes et les survivants utilisent la violence, les résultats peuvent être compliqués. Les policiers sont souvent confus face à la violence conjugale chez les couples de même sexe et peuvent procéder à l’arrestation de la mauvaise personne ou des deux conjointes ou conjoints. Les amis peuvent douter de la crédibilité de la personne survivante. L’utilisation de la violence pour survivre est signe que quelque chose ne va pas et il est important de se doter d’un plan pour obtenir du soutien.

Le mythe : Les femmes ne sont pas violentes.

La vérité : Il existe de nombreuses preuves à l’effet que les deux sexes sont capables d’actes violents. Certaines femmes violentent d’autres femmes, des hommes et des enfants. Les personnes violentes et leurs victimes sont des deux sexes et de toutes races, classes, religions et régions.

Le mythe : Les relations lesbiennes sont fondées sur l’égalité – les lesbiennes vivent des relations idéales, fondées sur l’amour.

La vérité : Les relations lesbiennes sont tout aussi bonnes ou mauvaises que toutes les autres relations et sont sujettes à presque tous les mêmes problèmes. Le mythe selon lequel les relations lesbiennes sont parfaites fait en sorte que les lesbiennes violentées se taisent.

Le mythe : La violence domestique se produit surtout chez les LGBT qui se tiennent dans les bars, qui sont pauvres ou qui sont de couleur.

La vérité : Les personnes violentes et leurs victimes sont des deux sexes et de toutes races, classes, religions et régions. Les préjugés racistes et classistes en ce qui a trait à la violence conjugale sont fréquents non seulement au sein de la communauté LGBT mais aussi au sein de la culture hétérosexuelle dominante.

Le mythe : La loi ne protège pas, ni maintenant ni dans l’avenir, les victimes de la violence conjugale dans un couple de même sexe.

La vérité : Bien que de nombreux professionnels responsables du maintien de la loi et de nombreux systèmes de tribunaux soient encore confus en ce qui a trait à la violence conjugale chez les couples de même sexe, plusieurs changements constructifs ont été introduits au cours des dernières années. Dans plusieurs régions, les politiques obligatoires de mise en arrêt exigent que les policiers interviennent et mettent en arrestation la personne qui, selon eux, est l’agresseur. Bien que plusieurs policiers soient confus lorsqu’ils tentent d’éclaircir les incidents impliquant les couples de même sexe et qu’ils peuvent mettre en arrêt la mauvaise personne ou les deux parties impliquées dans la situation de violence, les occasions de sensibiliser et de former la force policière et les tribunaux quant aux réalités liées à la violence conjugale chez les couples de même sexe sont de plus en plus nombreuses.

La différence entre la violence conjugale chez les couples de même sexe et chez les couples de sexes opposés

Bien que la violence conjugale soit généralement semblable chez les couples hétérosexuels et homosexuels, les victimes de violence conjugale gaies, lesbiennes et bisexuelles ont des problèmes en plus.

Moins de services

Pour obtenir de l’aide, vous devez « sortir du placard ». Il existe peu de services pour aider les lesbiennes, et les femmes violentées par une autre femme subissent parfois des attitudes inadéquates et homophobes de la part d’organismes et de maisons d’hébergement qui dispensent des services pour femmes violentées et qui sont supposé les aider. Il n’existe à peu près pas de centres d’hébergement et de services pour les victimes masculines de violence conjugale, qu’ils soient gais ou hétéros.

Un isolement croissant

L’isolement qui accompagne la violence domestique peut être exacerbée par le fait d’être LGBT dans une société homophobe. Le silence entourant la question de la violence conjugale au sein de la communauté LGBT isole davantage la victime, donnant ainsi plus de pouvoir à l’agresseur.

Protéger la communauté

Les LGBT ressentent, et avec raison, le besoin de protéger leurs relations contre la discrimination étendue et les stéréotypes négatifs véhiculés dans le grand public. Plusieurs LGBT ne veulent pas avouer ouvertement que leur relation, qui est déjà perçue comme « décadente », souffre de ce problème.

Le contrôle hétérosexiste

Le « contrôle hétérosexiste » constitue l’une des armes que les agresseurs peuvent utiliser dans les couples de même sexe. Cela signifie que l’agresseur utilise à son avantage les préjugés homophobes et hétérosexistes du grand public, aussi bien que notre propre hétérosexisme intégré, pour dominer davantage et contrôler leur partenaire. Le contrôle hétérosexiste peut prendre plusieurs formes, y compris la menace du « outing » et aussi un risque plus élevé de perdre la garde des enfants.

Reproduit avec la permission du Public Health – Seattle and King County et tiré de leur site Web : www.metrokc.gov/health/glbt/glbtdv.htm

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