Les liens entre le VIH/sida et l’homophobie 1


Ce feuillet d’information décrit comment le VIH/sida et l’homophobie sont inextricablement liés, dans l’esprit populaire, puis observe les conséquences de ces liens pour les personnes qui vivent avec le VIH/sida et pour les hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes.

À ses débuts en Amérique du nord, l’épidémie de VIH/sida a affecté particulièrement les hommes gais. Ceci a donné naissance à une association tenace entre le stigmate du sida et celui de l’homosexualité. Les perceptions surtout négatives vis-à-vis de l’homosexualité ont influencé les attitudes des gens et leurs comportements à l’égard des personnes vivant avec le VIH/sida, en général, et des hommes gais et bisexuels, en particulier.

Gai — t’as pas encore le sida?
– Graffiti, toilette
des hommes, faculté de Droit de l’Université McGill, 1994

Le lien entre l’homosexualité et le sida est si fermement
ancré dans l’esprit des gens que la discrimination à l’endroit des
personnes vivant avec le VIH/sida est inséparable de la discrimination
fondée sur l’orientation sexuelle.
– Société canadienne du sida,
1991

Le stigmate lié à l’homosexualité est reporté sur le VIH/sida

Les personnes qui vivent avec le VIH/sida peuvent rencontrer de la discrimination parce qu’on prend pour acquis qu’elles sont homosexuelles. Cette association d’idées est si puissante que même si les gais cessaient complètement de contracter le VIH, les réactions homophobes à l’égard du VIH et de ceux qui l’ont contracté persisteraient. Par conséquent, toutes les personnes vivant avec le VIH peuvent rencontrer de la discrimination homophobe.

Le stigmate lié au VIH/sida est reporté sur l’homosexualité

Les hommes gais et bisexuels rencontrent de la discrimination parce qu’on prend pour acquis qu’ils sont séropositifs (« Tous les gais ont le sida et sont contagieux ») ou qu’ils sont la cause de l’épidémie de VIH/sida (« Le sida est la faute des gais »). Dès le début, le sida a été associé, dans les pays occidentaux, à l’homosexualité: la peste gaie, le cancer des gais, le GRID (« Gay Related Immune Deficiency »). L’épidémie a intensifié et étendu la discrimination vis-à-vis des gais. Outre la discrimination vis-à-vis de leur orientation sexuelle, les gais font maintenant face à la discrimination liée au VIH/sida, qu’ils soient eux-mêmes séropositifs ou non.

Les hommes qui ont contracté le VIH par les rapports sexuels avec d’autres hommes reçoivent beaucoup de blâme et peu de sympathie

Certaines personnes considèrent que les gais séropositifs sont à blâmer pour leur maladie et devraient assumer eux-mêmes le coût de leurs soins de santé. Souvent, les personnes séropositives sont scindées en deux catégories: la « majorité coupable » de gais et d’utilisateurs de drogue par injection, et la « minorité innocente » d’hémophiles et de transfusés.

Une divulgation double

Pour les hommes gais ou bisexuels vivant avec le VIH, le fait de divulguer leur séropositivité peut entraîner la « révélation » de leur homosexualité et la possibilité de discrimination fondée sur les deux motifs à la fois: orientation sexuelle et séropositivité.

L'(in)action des gouvernements

L’association entre le VIH/sida et l’homosexualité a influencé la façon dont les gouvernements ont réagi (ou, plus exactement, n’ont pas réagi rapidement, adéquatement et de façon soutenue) au VIH/sida.


 

L’information présentée dans cette collection de feuillets est tirée de
Questions juridiques concernant les gais et lesbiennes dans le contexte du
VIH/sida: rapport final, préparé par John Fisher, Ralf Jürgens, Anne Vassal et
Robert Hughes, pour le Réseau juridique canadien VIH/sida et la Société
canadienne du sida. On peut télécharger le rapport et les feuillets à partir du
site Web du Réseau juridique <www.aidslaw.ca> ou se les procurer auprès
du Centre canadien de documentation sur le VIH/sida (tél.: (613) 725-3434,
courriel: aids/sida@cpha.ca). Il est
permis de faire et de distribuer (mais non de vendre) des copies de cette fiche,
en indiquant que l’information provient du Réseau juridique canadien VIH/sida.
Pour information, veuillez contacter le Réseau juridique (tél.: (514) 397-6828,
téléc.: (514) 397-8570, courriel: info@aidslaw.ca). This info sheet is also
available in English.

Financé par la Division des politiques, de la coordination et des
programmes sur le VIH/sida, Santé Canada, dans le cadre de la Stratégie
canadienne sur le VIH/sida. Les opinions exprimées sont celles des auteurs et ne
reflètent pas nécessairement les positions officielles de Santé Canada.

© Réseau juridique canadien VIH/sida, mars 1999


About AlterHéros

Depuis 2002, AlterHéros répond à vos questions en ligne au sujet de la diversité sexuelle, de la pluralité des genres et de la santé sexuelle en général. Nous organisons aussi des activités pour les jeunes LGBTQIA2S+ de 14 à 30 ans et leurs allié.e.s.


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One thought on “Les liens entre le VIH/sida et l’homophobie

  • relax

    Dans votre article, vous dites une phrase de sous-titre qui n’est pas d’expert, et un gros mensonge : « Les hommes qui ont contracté le VIH par les rapports sexuels avec d’autres hommes.. ».
    Selon le docteur Etienne de HARVEN auteur de livre « Les 10 plus gros mensonges sur le SIDA » il dit bien que dans les faits le sida ne s’attrape pas par les relations sexuelles. (Comme le professeur Duesberg, une sommité aux Etats-Unis qui a écrit « l’invention du virus du SIDA.)
    Il donnait par exemple le cas de prostituées en Afrique et en Thaïlande qui n’utilisaient pas de préservatif pour la plupart et qui n’avaient pas le SIDA. Celles qui avait le SIDA prenaient de la drogue. Tout comme en milieu carcéral en Afrique du Sud.
    Donc laisser ce mensonge en disant que cela s’attraperait pas le sexe, voudrait dire que le rapport homosexuel serait risqué et donc qu’il serait anti naturel. D’où que ce serait une pratique mauvaise.
    Comprenez-vous le lien entre et effet dans l’esprit des gens ?
    Ce mensonge augmente donc l’homophobie.

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