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Image+Nation 16

Cette année, l’édition du festival Image+Nation, qui a lieu à Montréal du 26 septembre au 5 octobre, promet d’être la meilleure en mettant à l’affiche des films de qualité qui sauront plaire à tous et chacun.  Le festival présente cette année plusieurs films internationaux, des documentaires et des travaux expérimentaux en provenance de partout à travers le pays et autour du monde.  Ces films s’emploient à transgresser les interdits culturels et sexuels, à brouiller et même à redéfinir les frontières.  Les fans du cinéma ont maintenant l’occasion, cette année encore, de visionner sur grand écran des nouveaux films de haute qualité qui ne sont pas toujours distribués commercialement. 

Cette année, la seizième édition du festival offre une programmation variée de films réalisés outre-mer, provenant de la France, de l’Israël, de l’Inde, du Mexique, de l’Argentine, et même de la Bulgarie, pour nommer quelques pays.  Comme le dit Charlie Boudreau, directrice du festival, les films sont des voix « riches et diversifiés qui présentent des récits, des styles et des points de vue qui, grâce à leur franchise exceptionnelle et leur grand audace, viendront bouleverser les tendances actuelles du cinéma queer.»

Pour une deuxième année consécutive, Image+Nation présentera un après-midi réservé pour les jeunes : Voix de l’avenir/Generation Q.  C’est une chance de visionner des films créés par des jeunes.  Voix de l’avenir aura lieu samedi le 4 octobre et sera composé de trois programmes différents, chacun avec son lot de films éclectiques.  Parfois gai et plein d’humour et à d’autres moments dérangeants, les courts-métrages qui y seront présentés cette année offre une gamme étendue de points de vue et d’expériences sur ce que c’est d’être jeune et gai au 21ème siècle.  Si vous avez 25 ans et moins, l’admission est gratuite pour le spécial Voix de l’avenir.  Tous les films seront présentés au Parisien 7 (rue 480 Ste-Catherine Ouest) à partir  de 12h30.  Pour plus d’information, visitez le site Internet www.image-nation.org.

Voici un avant-goût des films présentés au festival: 

Mango Soufflé
(Inde 2002, 90min – 1e et 3e Octobre 19h)
Dirigé par Mahesh Dattani et basé sur la pièce de théâtre « On A Muggy Night in Mumbai » a tous les couleurs des films extravagants de Bollywood mais avec un scénario plus varié et une approche un peu pince-sans-rire.  Le film raconte l’histoire d’un jeune couturier accompli, Kamlesh, qui décide de s’exiler pour se sortir de sa dépression.  Avant son départ, il invite quatre amis à prendre le déjeuner avec lui sur sa ferme, une plantation de mangues.  Les choses se gâtent lorsqu’un de ces amis découvre une photo compromettante qui finit entre de mauvaises mains.  Le passé de Kamlesh revient le hanter lorsque son ex-amant arrive en compagnie de sa soeur.  Acclamé comme le premier film qui parle ouvertement d’homosexualité dans le cinéma indien, Mango Soufflé est un premier essai qui tente d’aborder ce sujet dans un milieu peu ouvert à cette réalité : la société Sud Asiatique contemporaine de classe moyen. 

My Mother Likes Women (A mi madre le gustan las mujeres)
(Espagne 2001, 96min – septembre 26, 9h15)
Elvira, qui rêve d’être romancière, a deux soeurs: la très conventionnelle Jimena et la jeune Sol, amateure de rock en quête d’attention. Toutes trois sont bien aimées de leurs parents (et peut-être un peu gâtées). Mais lorsque leur mère leur présente la personne avec qui elle est maintenant en relation, les filles ont tout un choc: c’est une femme, Eliska, immigrante tchèque à peine plus âgée que ses filles! Les choses deviennent compliquées – et hilarantes – lorsque les trois soeurs décident de saboter la relation et de dévoiler ce qu’elles croient être les intentions moins qu’honorables de Eliska. Elles en feront tout un gâchis, et les couteaux voleront bas entre Eliska et Elvira. My Mother Likes Women est une comédie nettement supérieure qui joue sur tous les clichés familiaux.

Yossi & Jagger
(Israel 2002, 65min – 28 et 29 septembre 21h)
Basé sur une histoire vraie, ce film émouvant de Eytan Fox raconte l’histoire de deux hommes confrontés à des batailles sur tous les fronts. Yossi et Jagger sont deux jeunes soldats israëliens en mission dans un avant-poste isolé au Liban. Amants secrets, ils sont pleinement conscients de la discrétion qu’ils doivent respecter, de même que de la gravité de leur rôle militaire. Jagger rêve d’un avenir avec Yossi, tandis que celui-ci tente tant bien que mal de comprendre ce que leur amour pourrait signifier en dehors des frontières de l’univers secret qu’ils partagent. Lorsqu’ils sont envoyés faire une embuscade en pleine nuit, les doubles vies irréconciliables des deux amoureux les mènent à un dénouement inévitable et déchirant. Très lyrique et romantique, Yossi  Jagger présente une vision toute autre du courage.

9 Dead Gay Guys
(Grande-bretagne 2001 90min.- le octobre 17h)
Hétéro, mignon et naïf, Kenny débarque à Londres et y rencontre son séduisant meilleur ami Byron qui se prostitue pour payer sa bière. Dégoûté et pourtant intrigué, Kenny étonne son ami en faisant de même et ce, jusqu’à ce qu’il cause la mort d’un client par l’intensité de sa performance. Nos deux jeunes intrépides en auront pour leur argent dans l’étourdissant underground gai londonien. Incapables de résister à la tentation du mythe de cet énorme lit couvert d’argent, lit auquel on ne peut accéder que si l’on possède un membre à la hauteur (clef que détient justement le chanceux Kenny), la question est donc posée: est-il possible pour deux hommes en amour de faire l’amour gratuitement? Mettant en vedette un étrange nain satyrique, un juif orthodoxe gai très avare et une dominatrice lesbienne au sens de l’humour sous-développé, 9 Dead Gay Guys est sans doute la plus étonnante et choquante comédie britannique de l’année.
 

Party Monster
(États-Unis 2002 99min.- 3 octobre 21h30, 5 octobre 15h)
Basé sur l’histoire vraie de la vedette Club Kid Micheal Alig (Macaulay Culkin), Party Monster est un récit coloré et passionnant sur les montées et les descentes de cette star et de son meilleur ami James St.James (Seth Green). Au début des années 80, dans la scène des bars post-Warhol de Manhattan, Party Monster capte la poussée d’adrénaline de la culture de Club Kid : costumes extravagants, utilisation de drogues abusive et musique glam-pop dance électrisante. Le film débute avec St.James se souvenant du moment le plus célèbre de son cercle, le spectacle d’horreur du meurtre de leur camarade club kid Angel (Wilson Cruz). St.James raconte comment il a rencontré Alig, le petit gars venant d’une petite ville qui déménage à New York pour échapper au monde normal et ennuyeux et pour devenir une vedette. St.James enseigne à Alig tout ce qu’il doit savoir sur la façon d’être célèbre, fabuleux et éblouissant. Très rapidement, Alig est l’hôte des soirées les plus réussies de New York. Il est l’enfant-chéri de la vie nocturne newyorkaise et le posterboy du bar branché Club Kids jusqu’à ce que sa consommation de drogues l’emporte dans un tourbillon de descente aux enfers qui se termine en un meurtre. Les réalisateurs, gagnants d’un Academy Award, Fenton Bailey et Randy Barbato (documentaires Party Monster, The Eyes of Tammy Faye et 101 Rent Boys) se sont tournés vers un nouveau style cinématographique avec aplomb et ce film en est l’évidence. Avec une distribution superbe et des acteurs de soutien comme Chloë Sevigny, Natasha Lyonne, Dylan McDermott et une brève apparition de Marilyn Manson, Party Monster est un film merveilleux avec un penchant mortel.

Rainbow Pride
(Canada 2003, 52min.- le 4 octobre, 17h)
Elle est sur des auto-collants, des sifflets, des porte-clés, des ceintures, des lacets, des chandails et même sur des arbres de Noël. Personne n’en a le droit d’auteur. En 25 courtes années, l’image de l’arc-en-ciel est devenue le symbole puissant pour la diversité et la similitude de la communauté internationale gaie, lesbiennes, bisexuelle, transexuelle et transgenrée. Peut-être êtes-vous un queer urbain qui a passé outre l’arc-en-ciel et qui grimace à l’idée de la prolifération de marchandise de mauvais goût? Mais que fait-on d’un jeune adolescent qui a le courage de mettre un auto-collant sur sa bicyclette? Ce documentaire perspicace et émouvant met en évidence le fait que le drapeau gai demeure une partie puissante de notre histoire commune : peu importe notre point-de-vue. Queer Over the Rainbow nous fait rencontrer le créateur du drapeau, Gilbert Baker, des journalistes, des chercheurs, des gens sur la rue, des travestis, des libraires et des archivistes.

Goldfish Memory
Film de clôture
(Ireland 2003, 85min.- le 5 octobre, 21h)
Saviez-vous que les poissons rouges ont une mémoire de trois secondes? Cette métaphore est pleinement exploitée dans Goldfish Memory, qui pose un regard léger sur les dangers et les plaisirs de la drague et des relations intimes dans la ville de Dublin. Lorsque Clara aperçoit son copain embrassant Isolde, une réaction en chaîne de liaisons romantiques et de coeurs brisés s’ensuit jusqu’à ce que le cycle entier soit prêt à se répéter pendant que chaque personnage se pose l’ultime question: quelle est la relation parfaite? Certains préfèrent le mariage, d’autres, les arrangements à la semaine. La seule chose sur laquelle ils peuvent tous s’entendre, c’est qu’il est impossible de vivre sans amour. En entrant et en sortant de relations, en faisant toujours les mêmes erreurs, apprenons-nous vraiment à changer ? Et voulons-nous vraiment changer? En explorant les dessus et les dessous de l’amour, qu’il soit gai, hétéro ou entre les deux, ce film de clôture par excellence nous rappelle avec humour que la vie suit quelquefois des cycles préétablis qui sont presqu’impossibles à changer.

Pendant le festival, les billets peuvent être achetés avant chaque représentation ou à l’avance au Parisien à partir de 16h30 les jours de la semaine et 30 minutes avant la première représentation les week-ends. Aussi, les billets peuvent être achetés en ligne sur le site Web www.image-nation.org.  Les billets sont vendus à 6,50$ pour les étudiants et 9$ pour les adultes.

Pour la liste complète des films, visitez www.image-nation.org

Comme le dit Charlie, « si nous devions choisir une édition du Festival qui traduit nos espoirs et nos rêves pour le cinéma queer, image+nation 16 viendrait en tête de liste.  C’est pourquoi nous nous invitons chaleureusement à savourer avec nous ces merveilleuses images queer en mouvement. »

Bon cinema!

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