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Qui sont les vraies lesbiennes?

Imaginez-vous donc que les Lesbiennes en ont marre… elles sont horripilées de se voir traitées d’homosexuelles lorsqu’elles sortent de leur île! Les Lesbiens aussi en ont marre d’ailleurs de voir leur île être associée à cette minorité sexuelle. Certaines gens de l’Ile de Lesbos, en Grèce, sont tellement fatiguées d’être associées aux pratiques homosexuelles qu’elles ont entrepris des démarches juridiques au tribunal de leur patelin!
 
Sérieux??? Oui, tout à fait! L’Agence France Presse nous apprenait ce week-end que la justice grecque a commencé à examiner mardi si l’usage du qualificatif "lesbienne" pouvait être interdit aux homosexuelles, à la demande des habitants de l’île qui dénoncent une "confiscation offensante" du terme par ces dernières.

Iannis Axlopitas, un quinquagénaire originaire de l’île vivant à Montréal, a pris la peine de se rendre jusqu’à Athènes pour plaider sa cause devant le tribunal. « Ma mère, ma fille, ma soeur ont honte de dire qu’elles sont lesbiennes, c’est à dire originaires de Lesbos. A l’étranger nos femmes se cachent », a-t-il déploré.

« Partout, sur internet, dans les journaux, la confusion est entretenue, cela est offensant pour notre terre d’origine », a-t-il insisté, témoignant en faveur des plaignants, deux habitantes de l’île et l’éditeur d’une revue nationaliste païenne, Dimitris Lambrou.
 
Ouin… pauvres Lesbiens… c’est un vrai combat de David contre Golliath cette histoire-là!! Car le mot lesbienne est utilisée dans la plupart des langues du monde où l’on reconnait l’existence de l’homosexualité féminine… Même les japonais utilisent le mot lesbienne…! C’est tout dire!!!
 
En fait, tout ça est la faute de la poétesse Sappho et de ses mémorables écrits sur l’amour, la sensualité et la sexualité entre femmes qui se déployaient sur l’Ile de Lesbos.
 
En fait non… C’est plutôt la faute à cet écrivain français Pierre de Bourdeille (plus connu comme Monsieur de Brântome) qui, fasciné par la sexualité entre femmes, a publié à la fin du 16e siècle une compilation de poèmes d’amour entre des femmes dans un livre intitulé "Les lesbiennes", faisant référence à l’île où a vécu Sappho. Ses écrits se sont vendus comme de petits pains chauds, ce qui a rapidement popularisé le terme en France, puis dans toute l’Europe et, finalement, dans le monde…
 
Ce que l’on peut retenir de tout ça? Que nous avons la chance que Sappho n’habitais pas la Corse, ce qui rendrait le débat encore plus corsé, nous obligeant à nous appeler corsienne ou corsette, au lieu de lesbiennes, Hou là là là…

Mais bon, cessons de rigoler en faisant de mauvais jeux de mots et revenons à cette histoire de procès. L’un des trois demandeurs présents à l’audience, M. Lambrou est allé assez loin dans ses demandes. Non seulement il a plaidé pour que l’Union grecque des homosexuels et lesbiennes (Olke) ne puisse continuer de porter ce nom, il a aussi demandé à ce que tous les "journaux et magazines" cessent d’utiliser le terme pour désigner une homosexuelle.

"Ma propre fille n’a jamais eu de problème, pas plus que la fédération des associations lesbiennes formées par des habitants, ou les autorités locales", a rétorqué Thémistocle Kefalas, témoin de l’Olke et avocat à Lesbos.

Parmi la vingtaine de militants homosexuels présents à l’audience, la représentante de l’Olke, Evangélia Vlami a dénoncé une attaque "raciste". L’avocat de l’organisation, Me Vassilis Chirdaris, s’est pour sa part ému du "ridicule que ce genre d’affaire fait porter sur le pays".

La décision du tribunal est attendue d’ici un mois. Entre-temps, peut-être pourrions-nous les inviter à changer leur gentilé pour « lesbossien » ou « lesbossienne », tout simplement? Car, comme le dit le dicton : « il est bien plus facile de se changer soi-même que de changer le monde »!

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