(Québec) En apprenant que leur amour les quitte, le premier réflexe des gars est de raisonner. Ils cherchent à savoir ce qui s’est passé. Ils analysent. Qu’est-ce que j’ai raté?
«Pour les hommes, c’est d’abord une équation mathématique qu’ils n’arrivent pas à résoudre», souligne le sociologue Sacha Genest Dufault. Plusieurs n’avaient rien vu venir d’où le choc vécu au moment de la séparation.
«Dans bien des cas, c’est leur première vraie relation, explique encore M. Dufault. Et plusieurs n’avaient pas eu le temps de bâtir une relation d’amoureux.
Même si de prime abord les gars et les filles de moins de 30 ans semblent vivre leur première rupture amoureuse de la même façon, l’étudiant au doctorat à l’Université Laval s’est aperçu en interrogeant une trentaine d’amoureux abandonnés que les gars mettaient plus de temps que les filles à réaliser la fin d’une relation. Sa thèse analyse les réactions des jeunes hommes face à une rupture amoureuse mais aussi leurs façons de la vivre et les moyens d’intervention qui pourraient les aider.
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| Sacha Genest-Dufault, sociologue terminant une thèse de doctorat sur la rupture amoureuse chez hommes de moins de 30 ans photo : Le Soleil |
Un des interviewés a mentionné qu’il était parti courir en apprenant qu’on l’avait quitté alors qu’un autre s’était jeté à corps perdu dans le boulot. L’action, c’est souvent une porte de sortie pour les gars, exprime M. Dufault.
«Plutôt que de dire : ?J’ai de la peine?, de pleurer un bon coup, ils vont prendre une brosse avec les chums, faire du sport et travailler comme des malades pour geler leurs émotions.» Ce qui ne les empêche pas de ressentir de la détresse et de la souffrance. «Les gars sont atteints dans leur fierté masculine, mais ils ne veulent pas le montrer», dit encore M. Dufault. Ils jouent les indifférents.
Par contre, si on leur demande directement : «As-tu eu de la peine?» ils vont avouer que la rupture a été le moment le plus difficile de leur vie, que leur monde s’est écroulé d’un coup parce que l’être qu’ils aimaient le plus au monde est parti. C’est d’autant plus significatif, explique M. Dufault, qu’à l’intérieur d’une première relation de couple, l’identité se cristallise.
«Et cette relation tout autant que la rupture, dit-il, va jouer pour beaucoup dans la valeur que le garçon va se donner comme personne.» Or, ce type d’expérience lui permet d’apprendre : «Moi, je suis comme ça en couple».
Malgré leur peine d’amour, la majorité des participants à cette recherche ont affirmé qu’ils voulaient se réengager mais, cette fois, disaient-ils, avec LA bonne personne, celle avec qui ils se sentiraient bien. Ce qui contredit la perception voulant que la génération Y soit allergique à toute forme d’engagement, déclare M. Dufault. Au contraire, les jeunes ont le goût d’être en amour, mais se sentent dépourvus de repères sur comment se forme un couple, mais aussi comment il se défait. Pour eux, l’amour est un moyen d’être heureux et de s’autodévelopper. Et ils croient au mariage. Il y a un même fond de poésie et de romantisme dans leurs désirs.












