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Intimidation homophobe: un élève sur trois en est victime

(Québec) Dans les corridors des écoles, les élèves sont nombreux à se faire traiter de «fif» ou de «tapette», peu importe leur orientation sexuelle. Selon une nouvelle étude, un élève sur trois est victime d’intimidation homophobe au secondaire.

«C’est énorme, affirme Line Chamberland, professeure associée à l’UQAM. On ne s’attendait pas à ce qu’autant de jeunes soient touchés.» Mme Chamberland dirige un projet de recherche sur l’homophobie en milieu scolaire. Selon des données préliminaires recueillies auprès de plus d’une centaine d’élèves de quatrième et cinquième secondaire, les garçons sont particulièrement visés par ce type d’intimidation.

Ces chiffres signifient par ailleurs que plusieurs jeunes hétérosexuels sont aussi victimes de ces railleries. «Toutes les raisons sont bonnes pour s’attaquer à quelqu’un, affirme Mme Chamberland. C’est très difficile de vivre ça à cet âge-là, alors que le jeune se forge une identité. Les ados sont très durs les uns envers les autres.»

Même si la société en général semble plus ouverte à l’homosexualité, il reste encore énormément de travail à faire dans les écoles secondaires. «On pensait que la situation s’était améliorée, mais ça ne semble pas être le cas», lance la professeure.

Pour les ados qui se questionnent sur leur orientation sexuelle, cette violence verbale leur envoie d’ailleurs un message contradictoire, ajoute Mme Chamberland. «D’un côté, la société est plus ouverte mais, de l’autre, on observe que les jeunes attendent plus longtemps avant de faire leur coming out. Ce n’est pas pour rien.»

Selon les résultats de cette étude, l’homophobie serait le deuxième motif d’intimidation le plus répandu dans les écoles secondaires. Au premier rang figurent les railleries basées sur l’apparence physique, comme le poids, la taille ou la forme du corps.

Des adultes apeurés
Si les insultes homophobes sont si répandues dans les corridors des écoles, c’est que les adultes agissent peu, ajoute Line Chamberland. «Trop souvent, on ferme les yeux. Les profs ont peur de la réaction des parents. Il n’y a pas souvent de politiques claires qui indiquent comment intervenir. C’est très inégal d’une école à l’autre.»

L’équipe de Mme Chamberland s’est aussi intéressée aux cégeps, où l’intimidation homophobe serait moins répandue. Moins de 10 % des étudiants en seraient victime. Lors d’entrevues, plusieurs jeunes ont d’ailleurs affirmé s’être sentis libérés une fois arrivés au collégial. Mais plusieurs resteront marqués à vie par leurs années passées au secondaire.

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