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Algérie: On veut montrer qu’une nouvelle ère commence pour les LGBT!

INTERVIEW. Le groupe Abu Nawas appelle à allumer une bougie ce dimanche à l’occasion de la journée des LGBT algériens. Les précisions de Yahia, militant de 27 ans.

Une flamme d’espoir. Le groupe militant Abu Nawas – nom du poète «gay» du VIIIe siècle enterré à Bagdad (Irak) – célèbre le 10 octobre la quatrième Journée des LGBT algériens. Pénalisation de l’homosexualité oblige, il n’y a jamais eu de marche des fiertés dans le pays. Alors les membres de la communauté allument symboliquement une bougie au même instant pour briser l’isolement…

Depuis la première édition, la participation reste «timide» mais gagne en ampleur, notamment grâce au partenaire Gays et Lesbiennes d’Algérie (GLA). Reste que

 le concept se décommunautarise. Cette année, Abu Nawas invite officiellement les sympathisants des LGBT à se joindre au mouvement à 20h. Quelle que soit leur nationalité et leur orientation sexuelle.

TÊTU: Pour la première fois, la journée des LGBT a un thème: l’espoir. Pourquoi celui-là?
Yahia: Pour montrer qu’une nouvelle ère commence, qu’on a l’espoir de changer le quotidien, d’obtenir un changement social au niveau des droits LGBT. On a l’espoir que demain toute personne LGBT pourra vivre sa vie comme tout Algérien. Finalement, on ne demande pas beaucoup: juste à avoir les mêmes droits que tout le monde!

Le concept change un peu pour cette quatrième édition…
Depuis le lancement, on a toujours été dans la discrétion: on allumait une bougie chez soi. Cette fois, on a décidé de sortir dans la rue pour dire au peuple algérien qu’on est là, qu’on existe et qu’on est parmi eux. L’idée est de représenter les 48 wilayas (préfectures, ndlr) avec des photos de bougie prises devant les différents monuments. On a déjà reçu des photos de plusieurs villes en Algérie (Oran, Alger, Jijel, Sétif) mais aussi d’autres prises avec un symbole algérien aux Etats-Unis, au Soudan, au Qatar, au Liban, en Jordanie, en Palestine, à Jérusalem.

Les photos seront exploitées. Comment?
On n’a pas encore bien défini ce que nous allions faire, mais un de nos membres a pensé à concevoir un bel album – «Elachera», qui signifie en algérien la «sociabilité» – et de l’éditer. On pourrait en faire quelque chose d’artistique assez intéressant.

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