Les gais et lesbiennes sont les plus grandes victimes de crimes haineux aux États-Unis


L’étude des chiffres du FBI, sur douze ans, révèle des résultats alarmants: les gays seraient deux fois plus victimes d’agressions que les juifs ou les blacks. Une revue en dénonce la source: les groupes religieux d’extrême-droite.

Le magazine Intelligence Report, publié par l’association de lutte contre la haine et la promotion de la tolérance américaine The Southern Poverty Law Center a publié lundi une étude alarmante: la communauté homosexuelle est la minorité la plus victime de crimes de haine aux Etats-Unis. La revue, dont la spécialité est d’étudier les groupes d’extrême-droite américains, met en avant leur rôle dans ce triste résultat.

En basant son étude sur les données du FBI concernant les crimes de haine de 1995 à 2008, l’association américaine en a déduit que les homosexuels étaient deux fois plus victimes de ces attaques que les juifs ou les blacks, quatre fois plus que les musulmans et jusqu’à quatorze fois plus que les latinos. Ces statistiques font de la communauté homosexuelle la minorité la plus exposée aux crimes de haine.

Influence d’extrémistes chrétiens
La publication de cette étude arrive au moment où le pays s’alarme d’une vague de suicides de jeunes homosexuels. Selon les experts de l’association et les militants LGBT, les groupes chrétiens d’extrême droite provoquent ces suicides et alimentent les agressions perpétrées contre les homosexuels.

L’association a recensé dix-huit groupes antigays chrétiens radicaux aux Etats-Unis, qui opèrent une diabolisation de l’homosexualité en ressassant dix mythes qu’ils ont eux-mêmes développé: les homosexuels abuseraient plus de leurs enfants que les hétérosexuels, ils vivraient moins longtemps et auraient orchestré l’holocauste (sic). La revue Intelligence Report passe en revue ces mythes pour en donner une contre-argumentation scientifique. Mark Potok, le rédacteur en chef du magazine, s’insurge qu’«alors que les Américains acceptent de plus en plus les homosexuels, les mouvements antigays refusent tout dialogue et continuent de diffamer les gays et lesbiennes avec des mensonges toujours plus incendiaires.»

Radicalisation
En effet, plus les sondages d’opinions sont optimistes, plus le discours des chrétiens d’extrême-droite se radicalise. Alors que 52% des Américains se sont exprimés en faveur du mariage gay au niveau fédéral, les associations comme Family Research fait la promotion de ses «ex-gay therapies» qui permettraient aux participants de revenir «dans le droit chemin».

Comme 65% de ses concitoyens, Mark Potok affirme que la religion est le premier motif de suicides chez les gays et les lesbiennes: «Les leaders de ce mouvement ont beau le démentir, il est clair que la diabolisation de l’homosexualité qu’ils ont orchestrée joue un rôle important dans le développement de la violence, la haine et l’intimidation contestées.»

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