Bonjour Alex,
Merci de nous faire encore confiance. Je suis heureuse que nous ayons pu t’aider! Malheureusement, il est difficile pour nous de répondre à certaines des questions plus spécifiques de ta lettre car nous sommes établis au Québec et sommes peu au courant des diverses ressources présentes en France. Je te suggère fortement d’entrer en contact avec l’association LGBT la plus près de chez toi afin d’obtenir de bonnes adresses. On m’a suggéré le Mag-Paris, qui est peut-être loin d’où tu habites mais qui a peut-être des listes de ressources pour toute la France.
Toutefois, je peux te donner quelques conseils d’ordre généraux qui j’espère seront t’aider à choisir les bonnes ressources.
Tu connais les Standards of Care? C’est un document très important, produit par une organisation internationale de professionnel de la santé trans. Si tu n’as pas lu de fond en comble ce document, je te suggère fortement de le faire. Ce que ce document donne, ce sont de lignes directrices très claire à suivre dans le cas d’une transition de genre, y compris pour une personne mineure. Entamer une transition sans avoir une connaissance complète de ce document, c’est comme partir en vol sans avoir lu le manuel de pilotage de l’avion! De même, si tu consulte un “spécialiste trans” qui ne connais pas ce document par coeur, tu es dans le pétrin!
Alors va les télécharger au http://www.wpath.org/publications_standards.cfm
En gros, ce que ça dit, c’est que pour une ado de 16 il est possible d’obtenir une traitement hormonal, mais c’est beaucoup plus difficile que pour une personne majeure. Pour y arriver tu dois démontrer à un psychologue ou sexologue que tu es bien en selle pour ta transition et que tu est prête à assez court terme à commencer ta vie de femme. Ce qui semble le cas à ce que je peux comprendre. Et même là, tu devras probablement passer un certain temps sur des bloqueurs de puberté avant d’avoir droit aux véritables hormones. Il est possible que tu ne puisses commencer avant l’âge de 18 ans, et tu dois te préparer à cette éventualité. Dis toi au moins qu’avec les bloqueurs, ton corps cessera de subir la masculinisation provoquée par la testostérone.
Alors si tu en as les moyens, la façon la plus rapide pour avoir les hormones est de consulter un(e) psychologue privé qui fera ton évaluation et te réfèrera ensuite à un(e) endocrinologue. Je te suggère fortement de t’informer auprès de l’association LGBT de ta région afin d’avoir de bonne références; plus tu choisiras quelqu’un qui s’y connait en questions trans, moins tu te feras mettre les bâton dans les roues. Et lors de ta première visite, apporte avec toi une copie des Standards of Care et lis les avec le ou la thérapeute, afin d’établir un plan clair et net pour ton évaluation. Il est possible de passer par le régime public des hôpitaux et des psychiatres, mais à ce que j’ai entendu dire de la part d’un conférencier trans français, Axel Leotard, c’est la façon la plus longue et la plus désagréable de procéder
Pour ce qui est de la stérilisation, elle est une conséquence de tous les traitements hormonaux dont je connais l’existence. En gros, les traitements incluent un anti-androgène qui stoppe la production de testostérone (généralement androcur ou spironolactone) ainsi qu’un estrogène pour développer les caractéristiques féminines (généralement estradiol 17-beta ou dans les cas plus rares les estrogènes conjugués). Chacun de ces médicaments a le potentiel de stopper la production de spermatozoide. En arrêtant la prise de médicaments, la production peut reprendre mais pas toujours. C’est pourquoi il est important de faire congeler son sperme avant de commencer la transition afin de garder le plus de portes ouvertes.
J’espère que tu pourras rapidement trouver la bonne personne pour permettre ta transition!
Élyse