Depuis une relation anale douloureuse, je suis inquiète pour ma santé


Bonjour Linda,

Merci de faire confiance à AlterHéros pour partager ta souffrance.  Je comprends que tu as eu une relation anale en novembre et que tu ressens depuis une détresse psychologique.  Il semble que l’expérience sur le coup fut douloureuse, sans parler des symptômes de picotement et d’inconfort que tu ressens depuis dans cette région.

Tout d’abord, j’aimerais te dire que je compatis pour tes regrets. La religion nous amène parfois son lot de culpabilité. Toutefois,  tu n’as fait de mal à personne, sinon à toi, avec ce poids et ce remords que tu portes depuis.  Cette relation ne fait pas de toi une mauvaise personne.  J’espère que tu as autour de toi des amies ou une personne de confiance à qui te confier, si ce poids devient trop lourd.  Je suis convaincu que plusieurs jeunes femmes te liront dans les semaines à venir et seront rassurées en voyant que ça arrive aussi aux autres.  Comme je dis parfois à mes patients, il faut apprendre à « se faire un clin d’œil », à se pardonner.

Je ne sais pas quels tests de dépistage ont été faits, je comprends que tu séronégative pour le VIH… Il faut s’assurer que ce dernier a été fait 3 mois après la relation pour être certain de la période-fenêtre.  Il faudrait aussi vérifier que des prélèvements locaux au niveau de l’anus et du vagin ont été faits pour la chlamydia et la gonorrhée, des ITS (infections transmissibles sexuellement) fréquentes.  Je pense qu’il serait idéal de consulter un médecin si tes symptômes physiques perdurent, mais il se peut aussi que ces sensations soient exacerbées par la détresse psychique que tu vis. En effet, il arrive souvent que les patients ressentent les choses différemment en dedans, juste parce qu’ils portent soudain une attention accrue à une partie de leur corps.  L’anxiété peut causer bien des maux. 

Si les prélèvements au niveau de l’anus et du vagin sont négatifs pour la gonorrhée et la chlamydia, et que l’examen physique de révèle pas d’ulcère ou de plaies, tu n’auras plus à t’inquiéter.  Je ne pense pas qu’il y ait un dommage physique, tel un vagin « pas bien serré » suite à cette relation.  Rappelle-toi que le vagin est un organe très malléable qui accommode même le bébé naissant ! Tu n’auras donc pas de conséquence permanente de cet accident, sauf peut-être le mauvais souvenir…

Je suis désolé que ton partenaire ait été rude et n’ait pas fait preuve de plus de délicatesse. Il n’en est pas toujours ainsi, il ne faut pas perdre espoir.  Il te faut penser à toi maintenant, à bien t’entourer. Tu écris qu’il était « comme un animal » et que tu es « détruite psychiquement ». Y a-t-il une personne dans ton entourage à qui tu peux parler de ce que tu vis? Il est important que tu ne restes pas seule avec ton histoire. Le simple fait d’en parler, malgré tes regrets, pourrait te soulager énormément.

Savais-tu qu’une perle découle d’un petit grain de sable qui s’infiltre dans une huitre et qui pendant des années, la blesse, l’irrite, jusqu’à en former une pierre précieuse?  Peut-être que quelque chose de beau peut ressortir de cette souffrance, un apprentissage, une meilleure connaissance de toi… c’est ce que je te souhaite.

Bref, si les tests médicaux sont corrects et que tu te donnes du temps, que tu vas chercher du support émotif au besoin, je suis convaincu que tout reviendra dans l’ordre, et qu’il ne restera aucun symptôme  physique de cette expérience.  Tu as tellement de belles années à vivre.  Donne-toi une petite chance et prend bien soin de toi.

Sincèrement,

Dr Frédéric Picotte
Médecin de famille


About Frédéric Picotte

Frédéric est médecin de famille pratiquant dans la région de Shawinigan. Il a complété en mai 2008 mon doctorat en médecine à l’Université McGill et deux ans plus tard sa spécialité en médecine familiale via l’Université de Montréal. C’est l'une de ses amies, étudiante en psychiatrie, qui lui a présenté AlterHéros en 2008. Elle cherchait alors un bénévole qui répondrait de manière plus spécifique aux questions à thème « médical », ce qui a constitué la majeure partie de sa contribution jusqu’à maintenant.

J’aime m'impliquer à AlterHéros car on peut rejoindre et rassurer beaucoup de gens, peu importe l’âge, l’orientation sexuelle ou la culture. Je trouve intéressant que la majorité de nos visiteurs soient de jeunes internautes et qu’on puisse donc leur fournir une information de qualité et un espace pour poser des questions qu’ils auraient du mal à obtenir autrement.

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