[:fr]Un jour, j’ai regardé un film gay. Cela m’a excité et depuis, j’ai très peur…[:]


[:fr]Bonjour Laop,

Merci de nous réécrire. Je suis désolée si nous n’avons pas pu vous aider la première fois. Vous êtes attiré émotivement et sexuellement par les filles, mais certains films gay et une expérience étant jeune avec un autre garçon vous ont aussi excité. Vous ne vous considérez pas comme étant bisexuel et vous aimeriez, si on veut, « oublier tout ça ».

Le psychologue que vous avez vu ne semble pas avoir tort. S’il ne s’agit pas d’une réelle inclination, vous n’êtes pas bisexuel. Il s’agit effectivement de fantasmes. Le « problème » avec les fantasmes, c’est qu’ils ne se contrôlent pas. Vouloir arrêter de fantasmer sur quelque chose, c’est un peu comme dire à quelqu’un « ne pense pas à un marteau rouge ». C’est sûr qu’après l’avoir dit, la personne pensera à un marteau rouge. Donc, plus vous essayerez de ne pas penser à ces idées, plus elles risquent de vous suivre.

Rappelez-vous que ce n’est pas parce qu’on est excité par quelque chose qu’on est obligé d’essayer cette chose. L’exemple extrême de cela, c’est celui des gens (très nombreux) qui sont excités par l’idée de prendre quelqu’un de force ou d’être pris de force par quelqu’un. Même si l’idée les excite, et même si elle les excite beaucoup, ça ne veut pas dire que ces personnes violeront un jour quelqu’un ou que, si elles se faisaient agresser, elles y prendraient le moindre plaisir. Ce qui nous plait dans notre tête et ce qui nous plait dans la vraie ne va pas toujours de pair.

Si ces idées vous perturbent, je vous suggère trois choses. La première, c’est d’éviter les éléments déclencheurs. Si vous êtes mal à l’aise d’être excité en regardant des pornos gays, n’en regardez pas. Rien ne vous y oblige de toute façon. La deuxième chose est la distraction. Créez-vous une banque d’images ou de fantasmes impliquant des femmes et pensez à ceux-ci lorsque vous vous sentez mal à l’aise. L’idée, ce n’est pas tant d’éviter de penser de penser à une chose que de s’intéresser à une autre. Permettez-moi un exemple: de quelle façon quelqu’un peut-il le mieux se relever après une rupture? En pensant à son ex ou essayant de trouver d’autres filles intéressantes? C’est le même principe ici. Mon troisième conseil est d’essayer de moins vous en faire avec ça. Je sais que c’est plus facile à dire qu’à faire, mais, si ça peut vous aider, sachez que vous êtes loin d’être le seul dans cette situation. En 1948, le rapport Kinsey, qui portait sur la sexualité des hommes américains, avait permis de conclure qu’un homme sur trois avaient déjà eu une expérience homosexuelle sans que cela ne change quoi que ce soit au fait qu’ils soient hétérosexuels. Un homme sur trois, c’est des millions de personnes, et cela, seulement aux États-Unis. Appliquez cela à la planète et on en est à des milliards. Et ce rapport date de 67 ans… À cette époque-là, les pratiques homosexuelles étaient hautement taboues. On peut donc imaginer que, aujourd’hui, ce pourcentage soit encore plus haut.

Je vous souhaite bonne chance avec la suite et vous souhaite de trouver l’âme soeur. J’ignore ce qui vous met mal à l’aise avec votre corps, mais aucun corps n’est parfait. Pensez aux points positifs de votre corps et mettez ceux-ci en valeur. Contrairement à ce que laissent croire les films, les filles hétérosexuelles ne cherchent pas un corps idéal, mais quelqu’un qui vit bien dans le sien. Je connais un homme particulièrement laid qui n’a jamais passé plus de 6 mois sans avoir une copine. Il n’a pas d’argent et n’est pas très brillant, mais il a confiance en lui. J’en connais un aussi qui est magnifique et très drôle, mais qui l’ignore. Lui n’a eu sa première copine qu’à 30 ans!

Pascale[:]


About Pascale

Pascale détient un baccalauréat en éducation du français et de la morale au secondaire. Elle a aussi une maitrise ès arts en littérature avec un mémoire sur la nouvelle érotique féminine au Québec (2007).

J'aime l'idée que, grâce à Internet, il m'est possible d'aider des gens qu'il me serait difficile, parfois même impossible, de rencontrer en personne. J'ai beaucoup, beaucoup, beaucoup lu sur la sexualité et les relations amoureuses dans le cadre de mes études - mais aussi par intérêt personnel - et je suis heureuse quand je peux aider en partageant ces connaissances.

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