FTM – Aujourd’hui comme à tous les jours j’ai mal. 1


Aujourd’hui comme à tous les jours j’ai mal.
Je suis exténuée.

Exténuée de ne pas pouvoir vivre dans la « norme ». Exténuée d’aussitôt que je vois la liberté, retomber dans le fond de mon trou. Exténuée que personne de mon entourage peuvent me comprendre, ou voir que j’ai mal. Exténuée de souffrir.

De mon corps. De penser à mon futur. Au fait que je dois être guérit par des opérations est des piqûres. De penser au fait que bien des gens pensent que je suis freak. Jusqu’à le penser moi même. De penser que j’aurai peut être jamais des enfants, ou quelqu’un qui va m’aimer. De penser à blesser ma famille. De penser à perdre mes foutues cheveux. De penser au fait que je vais devoir changer mes papiers. De pas être bien tout court et de pleurer tout le temps. J’ai hâte que ce cercle vicieux finisse.

D’arrêter d’avoir mal aux seins à longueur de journée. D’arrêter d’être tout ce que je ne veux pas être. D’arrêter d’avoir cette jalousie maladive qui me tord l’estomac. D’être bien, et pour de vrai.

Quand j’étais petite, je ne comprenais pas. Je ne comprenais pas qu’on ne me comprenne pas. Ces choses que je voulais quand j’étais petite, je les veux encore désespérément en vieillissant. Même si je sais que le mien est celui d’une fille, je souhaite, dès que la chance m’est donnée, d’avoir le corps d’un garçon. Qu’on me dise jeune homme, et non « ma belle grande fille ».

Grandir en sachant que j’allais avoir une barbe, une poitrine plate et un pénis … quand j’ai su que de rêver n’était pas suffisant, j’ai eu mal. J’ai pleuré, j’ai pensé à faire mourir cette partie de moi.

J’aurais aimé qu’on me dise, quand j’etais plus jeune, que les choses que l’on croit acquises ne le sont pas toujours. Que ce qui semble noir ou blanc cache parfois un millier de nuances de gris. Et que quelqu’un peut en fait ne pas conformer au corps donné…

Que s’imaginer être différent est normal. Que de vouloir que les gens nous reconnaissent pour la personne qu’on se sait être est tout à fait O.K. Il y a 7-8 mois on m’a dit que j’avais le droit d’être moi. Que j’existais pour de vrai et que je pouvais être réparée si je le souhaite. En attendant que ça aille mieux, mes pensées.


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