Des désirs essentiellement sexuels me font questionner mon identité de genre


Bonjour,
J’ai depuis l’adolescence des fantasmes travestis, plusieurs fois j’ai porté des vêtements de femmes et il m’est arrivé depuis que j’habite seul ces dernières années de m’habiller entièrement en femme. Cela me procure une excitation sexuelle intense qui m’amène jusqu’à la masturbation. Bien que de suite après j’ai ressenti une sensation de dégoût il m’est arrivé d’avoir envie de recommencer quelques heures après. Il m’est également arrivé à deux reprises d’avoir des relations avec des hommes habillé en femme dans lesquels j’aimais être soumis. Aujourd’hui ces désirs que je qualifierais d’essentielement sexuels me font me poser des questions quant à mon identité de genre. Je suis célibataire depuis deux ans et je traverse une dépression depuis quelques mois qui me fait tout remettre en question. Serais-je transgenre sans me l’avouer? Que signifie ces envie de me travestir ? Merci d’avance de vos réponses.
Alex

Bonjour Alex, merci de faire confiance à AlterHéros !
Vous vous travestissez de temps à autre et cela vous procure une grande excitation sexuelle.
Il y a une différence entre être trans et se travestir, entre l’identité / l’expression de genre et les fantasmes, les moyens d’obtenir une excitation sexuelle ou un orgasme.

Est-ce que vous sentez que vous appartenez au genre qui vous a été assigné à la naissance? Si vous aviez en votre possession une baguette magique qui vous permettait, du jour au lendemain, d’être reconnu en tant que femme en société, sans retour possible en arrière, l’utiliseriez-vous? Ce sont des pistes de réflexion concernant votre identité de genre.

Toutefois, selon votre message, il semble que le fait de porter occasionnellement des vêtements traditionnellement féminins a pour but de provoquer une excitation sexuelle plutôt qu’à répondre à un besoin d’expression de genre, comme cela pourrait être le cas chez une personne trans.

Chez certain.e.s, le travestisme est une forme de fétichisme. Comme l’expliquait ma collègue Hélène il y a quelques années dans une de ses réponses:
« Il y a fétichisme lorsqu’un stimulus précis doit être présent pour créer l’excitation sexuelle. Ce stimulus peut se présenter sous la forme d’un objet, d’un scénario, d’une odeur, d’une partie du corps ou d’un vêtement. Ainsi, si la vue d’un vêtement en particulier provoque une excitation sexuelle, que seul ce vêtement la provoque et que cela se produit plusieurs fois, il est possible que ce soit du fétichisme. Si le fait de porter des vêtements du sexe opposé enclenche l’excitation sexuelle et qu’elle est enclenchée seulement par ce comportement, il est possible que ce soit du travestisme fétichiste. »

Est-ce que le port de vêtements traditionnellement féminins est nécessaire à votre excitation sexuelle? Si c’est le cas, nous pouvons parler de fétichisme. Si vous sentez que ce fétichisme prend trop de place, qu’il vous cause de la souffrance et vous empêche d’avoir une vie sexuelle satisfaisante, nous vous invitons à consulter un.e sexologue de votre région.

Quant au dégoût que vous avez expérimenté, il s’agit peut-être d’un signe que vos pratiques ne correspondaient pas tout à fait à vos envies ou vos valeurs, ou encore qu’il est parfois difficile pour vous de profiter pleinement du plaisir que vous retirez de vos pratiques et d’assumer ce plaisir. Certaines personnes ressentent ce dégoût ou encore de la culpabilité après avoir atteint l’orgasme en consommant certains types de pornographie. Pour aller un peu plus loin, vous pouvez prendre le temps d’analyser votre rapport à la sexualité en général et à vos fantasmes et éléments qui vous procurent de l’excitation sexuelle.

Quand à la dépression, avez-vous des outils pour la surmonter ou du moins composer avec elle? Si ce n’est déjà chose faite, nous vous suggérons de consulter un.e professionnel.le de la santé afin d’avoir un suivi personnalisé qui correspond à vos besoins. Un suivi n’est pas nécessaire, mais il peut vous en apprendre beaucoup à propos de vous-même et de développer une meilleure capacité de résilience… en plus d’avoir quelqu’un avec qui discuter de vos difficultés, afin de briser l’isolement, entre autres.

J’espère avoir su répondre à votre question.
N’hésitez pas à nous écrire à nouveau si vous en ressentez le besoin!
Marie-Édith, B.A. sexologie


About Marie-Édith Vigneau

Diplômée de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) en sexologie et de l'Université de Montréal en intervention en déficience intellectuelle et en troubles du spectre de l'autisme, Marie-Édith est passionnée de musique, de voyages, d'espresso, de bières de microbrasseries, de bas de laine en toute saison et de faire semblant de bien cuisiner.

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