Est-ce que le rince-bouche élimine les risques d’ITSS lors de sexe oral ?


J’hésite à sucer des gars parce que j’ai peur d’attraper quelque chose, mais j’en ai tellement envie! Je cherche une façon safe, parce que le condom ça passe pas: sa réduit les sensation…J’ai entendu dire que le rince-bouche pouvait décontaminer. Est-ce que c’est vrai que le rince-bouche réduit les risques d’infection après une fellation? J’entends souvent dire ça; des gars me disent qu’ils en prennent pour se désinfecter après avoir sucer un autre gars, surtout quand il vient dans la bouche. Est-ce que il y a un type de rince-bouche recommander pour ça?

Raoul

 

Bonjour Raoul !

Merci d’avoir contacté AlterHéros pour ta question. C’est une très bonne idée de s’adresser à des professionnel.le.s lorsque l’on se questionne sur la sécurité de certaines pratiques. Tu as fait le bon choix !

Tu te demandes si l’utilisation d’un rince-bouche pourrait réduire tes risques de contracter une Infection transmissible sexuellement et par le sang (ITSS) lors de sexe oral. Pour faire court, la réponse est non. C’est plutôt le contraire – l’utilisation d’un rince-bouche avant ou après avoir donné une fellation pourrait plutôt augmenter les risques de contracter une ITSS. On recommande d’éviter de se brosser les dents, d’utiliser de la soie dentaire ou d’utiliser un rince-bouche une heure avant et une heure après une relation orale.

La raison est simple : l’utilisation de la brosse à dents, de la soie dentaire ou du rince-bouche – surtout s’il est à base d’alcool – (ou encore le fait de fumer ou de manger certains aliments qui pourraient blesser les muqueuses de la bouche) augmente la possibilité d’avoir des lésions, de l’irritation ou encore du sang dans la bouche (ce qui augmente à son tour les risques de contracter une ITSS, spécialement chez la personne qui donne). Aucun rince-bouche n’est donc recommandé pour ce type d’utilisation. Il vaut mieux se rincer la bouche avec de l’eau après le sexe oral afin de minimiser les risques d’irritation des muqueuses buccales. Cela n’est toutefois pas suffisant.

La meilleure façon de se protéger et d’agir de façon sécuritaire demeure le condom et les dépistages réguliers. Pour connaître le service de dépistage le plus près de chez toi, tu peux communiquer avec le service Info-Santé (en composant le 8-1-1). Le condom, pour sa part, représente la méthode par excellence pour réduire les risques d’infection lors d’une fellation (et de toute autre type de relation impliquant une pénétration vaginale ou anale, d’ailleurs).

De nombreux types de condoms sont disponibles sur le marché. Tu peux peut-être discuter avec ton/tes partenaire(s) du type de condom qui vous conviendrait le mieux. Par exemple, certains condoms sont ‘ultraminces’ et donc offrent une sensation plus ‘naturelle’ à la personne qui reçoit. Manipulez toutefois ces condoms (… et tous les condoms) avec précaution, car ils peuvent être fragiles. Pour le donneur, les condoms avec lubrifiant aromatisé (fraise, banane, etc.) peuvent ajouter une dimension intéressante et amusante à l’expérience.

Finalement, afin de faciliter la discussion à propos du sécurisexe avec ton/tes partenaire(s), l’organisme Rezo suggère de :

–        Bien connaître les raisons pour lesquelles il est important d’utiliser le condom – la négociation est plus simple lorsque l’on sait ce que l’on veut et pourquoi ;

–        Prendre le temps d’aborder le sujet avant d’être dans le ‘feu de l’action’ ;

–        En parler avec tes ami.e.s ou avec quelqu’un.e en qui tu as confiance : quels sont leurs trucs à eux/elles ? Comment s’affirment-ils/elles face à leurs partenaires lorsque vient le temps d’aborder le sujet du port du condom ?

Merci encore d’avoir fait appel à AlterHéros et bonne route sur le chemin du sécurisexe consentant !

Jessica, pour AlterHéros


About Jessica

Jessica est présentement étudiante au doctorat en psychologie à l’Université de Sherbrooke. Elle détient un DEC en sciences humaines, profil action sociale et médias (2011) et un baccalauréat en psychologie de l'UQÀM (2014). Elle a travaillé dans le domaine de l'intervention à temps plein pendant un an et demi avant d’intégrer le doctorat. Son grand intérêt pour la communauté LGBTQ+ l'a amenée à s'impliquer en tant qu'intervenante bénévole au sein de l'équipe Parles-en aux Experts en mai 2015. Lorsqu'elle n'est pas en train d'étudier ou de travailler, elle aime bien aller nager ou marcher, faire du camping, jouer de la musique et flatter ses deux adorables chats. :-)

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