Comment expliquer aux autres que je suis asexuelle ou hyposexuelle ? 1


Bonjour,

Je dois avouer que je me sens complètement perdue par rapport à mes sentiments et mon identité sexuelle. Je suis affiliée à des personnes complètement différentes chaque jour. Mes groupes d’amis sont diverses, autant : hétérosexuel, pansexuel ou homosexuel. Le soucis, c’est qu’ils ne comprennent pas mon manque de désir sexuel, dans ce monde d’hypersexualisation. Même mes amies (vierges) ne comprennent pas.

Je suis entrée dans le jeu de la “drague » à mon entrée à l’université. En retard sur ces relations, je dois bien avouer que mes premiers flirt étaient compliqués. Attention, je vais faire une généralité : à cet époque, je me considérais comme une simple hétérosexuelle et les hommes de cet âge voulaient juste une relation sexuelle et s’amuser, alors que je voulais découvrir ce nouvel univers à mon rythme. Petit à petit, j’ai décidé que je voulais une relation sérieuse avant toute chose, pour une sentir à l’aise, et petit à petit, j’ai compris que les femmes m’attiraient autant que les hommes.

Je dois avouer que je n’ai jamais passer le cap de ma première fois. Pas par peur, mais plus parce qu’au bout d’un moment, le contact physique m’irrite. Je sais avoir du désir sexuel, mais le sexe est juste… un complément inutile. J’ai découvert le terme de hyposexuel qui peut me correspondre. Je peux fantasmer et ressentir un énorme plaisir, mais je n’aime pas être touchée ou me toucher d’ailleurs. Tout est dans l’imagination.

Je n’ai jamais caché que je suis vierge autour de moi. Mes amis ne comprennent pas. Pour eux, si on a une « belle gueule », il faut en profiter. Ils pensent que je n’ai pas rencontré le bon/la bonne, ou que je suis trop pudique. Et depuis peu, je sors avec un garçon. Il est patient et je commence réellement à m’attacher à lui et à imaginer une suite ensemble — sauf sexuel. Egoïstement, j’aimerais savoir ce que je suis et en être sûre avant de lui en parler. Nos amis en commun s’imaginent que je vais franchir le pas avec lui, et quelque part, cette certitude de leur part me ronge. Car plus le temps passe, plus je me doute que nos attentes vont être différentes à ce niveau-là.

J’ai l’impression que ce manque de sexualité et de désir de ma part m’éloigne de la vie que je veux. Car je veux être en couple et avoir une famille, trouver un compagnon de route et avancer ensemble. Mais sans me forcer à faire des choses que je ne veux pas. Alors je suis complètement perdue. Parce qu’avoir que je suis attirée par les deux sexes autour de moi était simple, mais avouer refouler le sexe dans sa vie est plus compliquer à expliquer aux autres mais aussi à soi-même.

Je vous remercie du temps que vous prendrez pour répondre à mes questionnements.

Nananyx

 

Bonjour Nananyx !

Merci de faire confiance à AlterHéros et de nous soumettre ta question.

Merci également pour ta patience !

Tu es actuellement en couple avec un garçon Tes ami.e.s s’imaginent qu’avec lui, tu auras ton premier rapport sexuel, mais pour toi, le sexe, au-delà des fantasmes, n’est pas nécessaire. Tu expliques ne pas aimer toucher, ni être touchée. Tes recherches ont porté fruit: le terme « hyposexuelle » semble te correspondre.
Tu dis: « J’ai l’impression que ce manque de sexualité et de désir de ma part m’éloigne de la vie que je veux. Car je veux être en couple et avoir une famille, trouver un compagnon de route et avancer ensemble.  » Est-ce qu’une sexualité particulièrement active et du désir sexuel sont nécessaires pour réaliser ces projets? Certes, si tu souhaites porter des enfants, la voie la plus simple est d’avoir un rapport sexuel, mais mis-à-part cela, est-ce le fait de ne pas avoir de relations sexuelles empêcherait ces projets de se réaliser?
Il y a plusieurs personnes sur le spectre de l’asexualité autour de nous. Simplement, c’est une orientation (a)sexuelle méconnue puisqu’elle n’a pas beaucoup de visibilité. Nous vivons beaucoup de pression sociale, particulièrement en étant jeunes, pour vivre une sexualité active, avoir des rapports sexuels et flirter… alors que ce n’est pas du tout une nécessité. Pourquoi profiter du fait d’avoir une belle gueule, comme expliquent tes ami.e.s, si c’est synonyme de souffrance et de malaise pour toi?
Je crois qu’en parler avec ton copain serait un bon premier pas. Tu expliques vouloir être sûre de ce que tu ressens avant de le faire, je comprends ! À toi de voir si tu souhaites attendre encore un peu ou aborder le sujet de tes questionnements avec lui. Tu peux faire une liste d’avantages et d’inconvénients, avec d’une part la possibilité de lui en parler maintenant et d’une autre part la possibilité de lui en parler plus tard, si tu as un sentiment de certitude. Dans tout ce processus, pense à ton bien-être – malgré les attentes des autres, y compris de ton copain, même si c’est difficile. C’est important.
Je te souhaite bon courage et j’espère que tu seras en paix avec tes désirs et ce que tu ressens.
N’hésite pas à nous réécrire au besoin, Nananyz; nous sommes là pour toi.
Marie-Édith, B.A. sexologie, pour AlterHéros

About Marie-Édith Vigneau

Marie-Édith est actuellement étudiante de deuxième cycle à l'École de travail social de l'Université de Montréal. Elle est diplômée de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) en sexologie et de l'Université de Montréal en intervention auprès des personnes vivant avec une déficience intellectuelle et qui sont sur le spectre de l'autisme. Elle est fan de féminisme, de santé sexuelle, de justice sociale, de musique, d'espresso, de bières de microbrasseries, de bas de laine et de faire semblant de bien cuisiner.


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