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Party POZ : être porteur du VIH au grand jour
Par Marc-Olivier Ouellet
, AlterHéros
2006-01-27
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Antoine vient d’avoir 27 ans. Il est charmant et il a tout pour faire tomber les femmes… mais ce sont les hommes qu’il préfère! Il a terminé ses études en administration et, depuis, il s’est mis à voyager un peu partout en Europe. Il a décroché un bon boulot et a même réussi à économiser un peu d’argent.
Une vie parfaite vous direz? Pas tout à fait. En fait, il y a trois ans, Antoine a appris qu’il était infecté du virus qui cause le SIDA : le VIH, le Virus de l'Immunodéficience Humaine. En d’autres mots, Antoine est séropositif.
Ça peut arriver à tout le monde Voyez-vous, Antoine n’est pas une personne qui fréquente les saunas gais. Il déteste les rencontres d’un soir ou les one-night stands. Il sort rarement dans les bars. Ce qu’il préfère, c’est le théâtre et les cafés sur la rue Mont-Royal!
Antoine s’est toujours protégé avec un condom… ou presque! Il y a trois ans, il est allé dans un party d’amis où l’alcool coulait rondement. Il a fait la connaissance d’un homme charmant qui était en pleine forme. Quelques regards ont suffi pour que l’attraction s’installe.
Antoine et sa nouvelle connaissance ont jasé quelques heures. Il a ensuite proposé à son homme de venir chez lui. Ce soir là, ils ont fait l’amour. Avec l’alcool et le feu de la passion, Antoine ne se souvient plus s’ils ont mis un condom. Cette nuit là, Antoine a été infecté par le VIH, alors que son partenaire ignorait qu’il était porteur lui-même.
Comment se pardonner? Comme des milliers d’autres de personnes au Québec et ailleurs dans le monde, Antoine vit chaque jour avec cette dure réalité. Lorsqu’il a appris qu’il était séropositif, c’est comme si le monde c,était arrêté de tourner durant quelques instants, voir quelques mois.
Ce qui a hanté longtemps Antoine, c’est ce sentiment de honte et de culpabilité. Alors que la population est bombardée de messages de sensibilisation et des campagnes de prévention du VIH, comment réussir à se pardonner?
Jusqu’à tout récemment, Antoine avait tout de même réussi à accepter sa séropositivité. Il avait réussi à accepter que l’erreur est humaine et qu’il avait été victime d’une très malheureuse malchance. En fait, Antoine a raison. Parce que si, idéalement, les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes doivent se protéger toujours et sans exception, la nature humaine étant ce qu’elle est, l’homme est loin d’être une machine.
La plus récente enquête sur l’infection du VIH à Montréal, Argus, révélait qu’au cours des six derniers mois, 27 % des 2000 participants à l’étude affirment avoir eu au moins une pénétration anale (top ou bottom) non protégée par un condom avec un partenaire d’un soir, séropositif ou au statut VIH inconnu. Le cas d’Antoine n’est donc pas un cas isolé. Alors pourquoi avoir honte? Pourquoi en 2005 le SIDA est-il une maladie encore honteuse? Pourquoi ne peut-on s’attendre à la même empathie que le cancer?
Trithérapie et exclusion Le soleil brille pas mal moins pour Antoine depuis quelques semaines. Si, pendant 3 ans, il n’a pas eu besoin de prendre de médicaments et a réussi à vivre une vie presque normale, sa réalité revient faire surface.
Depuis un mois, il a été obligé de revenir au Canada. La cause : il doit commencer ses premiers traitements pour combattre le VIH. Ses dernières prises de sang révélaient que son système immunitaire commençait à perdre la bataille avec le virus et qu’il était temps de l’attaquer avec des pilules, beaucoup de pilules.
Antoine doit donc entreprendre sa première trithérapie qu’il devra suivre tout au long de sa vie. Et pas question d’oublier plus de deux pilules par mois, au risque de rendre son virus résistant au cocktail de médicaments.
Parce qu’il faut se rappeler que le VIH/sida ne se guérit pas, même si on se fait soigner juste après avoir été infecté. Heureusement, Antoine peut espérer vivre encore longtemps, très longtemps si on se base sur les statistiques les plus récentes. Mais pour ça, il devra se battre contre le virus à chaque jour.
Les traitements anti-VIH nécessitent plusieurs pilules par jour, en plus de celles nécessaires pour traiter les effets secondaires des premières. Au quotidien, notre ami devra faire face aux effets secondaires suivants : diarrhée, maux de tête, vomissements, perte d’appétit, insomnie, perte de poids, lipodystrophie, fatigue, dépression, etc. Bref, rien de rigolo.
Mais notre cher Antoine est un gars déterminé! Il se promet de suivre ses traitements, de prendre des habitudes de vie saine, de diminuer les sources de stress et de faire plus d’exercice : tous des facteurs qui jouent en faveur d’Antoine.
Or, ce qui fait le plus souffrir Antoine, ce n’est pas uniquement tous ces pilules, mais c’est sa solitude et son isolement. Depuis qu’il est séropositif, il doit vivre avec la peur du rejet de son entourage. Alors que ceux-ci avaient plutôt bien pris qu’il était homosexuel, leur révéler son statut sérologique est une autre paire de manche.
Les Party Poz L’histoire d’Antoine se répète à tous les jours. Au Québec, une personne est infectée à toutes les six heures. Et à Montréal seulement, un adulte sur 160 serait infecté. Mais où sont tous ces gens? Puisqu’il existe aucun signe physique pour savoir si une personne est séropositive, ces personnes se fondent dans la masse, et vivre leur solitude pour la plupart seules. Vous seriez surpris de savoir tous ces gens que vous côtoyez tous les jours qui sont séropositifs!
Or, pour sortir de l’isolement les gais séropositifs, trois gars, eux-mêmes séropositifs, ont eu la bonne idée d’organiser des soirées dans un lieu sans préjugés quant au statut des participants, afin de rencontrer tout en se divertissant. Ils ont créé les soirées « Party Poz » qui ont lieu une fois par mois, dans un bar à Montréal.
Bien au contraire d’un endroit de thérapie de groupe, les Party Poz sont simplement un lieu public où les gens séropositifs et leurs amis peuvent être sans se cacher et sans se sentir marginalisé. Comme l’explique André Martin, un des trois organisateurs, « les médicaments et les groupes d'aides sont là pour la santé du corps et de la psyché, nos partys sont là pour la détente et le plaisir, ce qui n'est pas rien! »
Une centaine de personnes! Plus d’une centaine de personnes participent à ces soirées où tout le monde est bienvenu, séropositifs comme séronégatifs. André Martin rappelle que « pour dédramatiser le fait d'être séropositif, on invite aussi les personnes séronégatives. Le VIH, ce n'est pas la lèpre et les séronégatifs ouverts sont donc également invités. On veut lutter contre le sentiment de marginalité ressentis par les gens atteints par le VIH. »
Les organisateurs qualifient leurs soirées comme « inédite pour les gais séropositifs et nos ami(e)s séro friendly ».
Les jeunes de 18 ans et plus sont aussi les bienvenus, bien qu’ils ne représentent pas la majorité des personnes aux rendez-vous. André explique qu’il aimerait voir les plus jeunes aussi participer. La programmation musicale a d’ailleurs été revue en décembre dernier pour offrir de la musique House qui plait davantage aux 18 à 25 ans.
L’image qui est véhiculée par le matériel promotionnel est très coloré, sympathique et projette une vision ensoleillée de la vie aux gens vivant avec le VIH. André explique que « nous [les organisateurs] voulons effectivement offrir une image positive, de bonne humeur, et sans l'aura psycho-trauma des groupes communautaires puisque notre but vise à leur offrir un moment plus léger, ce qui n'empêche pas nos participants de parler de leurs problèmes et de leur expérience si bon leur semble. »
À ce sujet, les Party Poz peuvent se révéler un bon complément aux services offerts pour des organismes communautaires comme ACCM, qui publicise ces événements dans leur publication mensuelle.
Des Post-Party-Poz? Alors que des organismes sont déjà en place pour offrir une variété d'activités telles que soupers communautaires et vacances d'été, à long-terme, les organisateurs des Party Poz aimeraient s’inscrire davantage dans l'immédiateté du quotidien des gens séropositifs.
Chez Party Poz, on envisage de décliner d’autres formules complémentaires, du type happy hour. André Martin rappelle à tous les visiteurs majeurs d’AlterHéros qu’ils sont chaleureusement bienvenus à participer aux Party poz.
En terminant, il faut savoir que Party Poz est un organisme à but non lucratif organisé par trois bénévoles dont les seules sources de revenus sont le droit volontaire d'entrée qui sert à payer la promotion de leurs événements. Le prochain rendez-vous aura lieu le 16 février prochain. Pour tous les détails, visitez http://www.partypoz.com ou envoyez vos messages à prochain.party@hotmail.com.
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1 personne a réagi à cet article
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Maxim Denis
Canada Québec Thetford Mines |
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2006-01-31 |
Bonjour à tous,
Suite à ma lecture de cette article et bien je ne peux rien dire d'autre que ; Bravo au organisateur de ce type d'événement car oui cela est vrai que ce type de soirée simplifie quelque peu le fardeau des gens séropositifs. Vous savez oui les préjugés il y en a mais ne nous en occupont pas ! Juste pour citer une exemple j'ai avouer mon homosexualité dernièrement a toute mon entourage un secret de 22 ans ce qui m'a fais du bien, mais pourquoi j'ai attendu si longtemps ? C'est à cause des préjugés et la peur du rejet mais je me suis rendu compte que rien n'a changé une fois que tout les gens le save et m'accepte tel que je suis et que ceux qui ne voulais pas l'accepter et bien n'étais pas de vrais amis et je ne les ai jamais revu.
Même cette maladie en est une parmi tant autres et que ceux qui vous accepte avec votre orientation sexuelle et bien lors qu'une chose du genre arrive je ne crois pas que ceux qui vous aime vous juge ou pose une étiquette, sinon ce sont des personnes qui ne vous méritent tout simplement pas.
Alors ANTOINE lache pas la patate comme on dit ! Pour ce qui est des trois organisateurs des Party-Poz et bien chapeau les gars, car nous avons la preuve du retour aux valeurs humaines en faisent cela, je vous encourage à continuer votre travail.
Bravo les gars ! |
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