Les infestions transmises sexuellement: y a-t-il des risques entre femmes?
Lyne Massie
Femmes entre elles,
2003/08
Les femmes ayant des relations sexuelles avec d’autres femmes (FRSF) peuvent, au même titre que toute autre personne, contracter une infection transmise sexuellement (ITS). Par contre, encore beaucoup de femmes (FRSF) ne se sentent pas concernées par la possibilité d’être infectée par le VIH/sida et encore moins par les infections transmises sexuellement. Cela n’est pas surprenant ! En effet, peu de statistiques existent concernant le taux de transmission du VIH, et encore moins des autres ITS. De ce fait, moins de données existent sur les risques de transmission et les pratiques sexuelles à risque associés aux relations sexuelles entre femmes et donc, peu de campagnes de sensibilisation et de prévention ont tenté de rejoindre les femmes ayant des relations sexuelles avec d’autres femmes. Ainsi, ce manque d’information expose les jeunes femmes et les femmes adultes qui découvrent ou se questionnent sur leur orientation sexuelle ou, encore celles, qui vivent sainement et pleinement leur homosexualité à des risques élevés d’infection au VIH et aux autres ITS. Dans cette chronique-ci, j’aborderai donc les types d’infections transmises sexuellement, les pratiques sexuelles à risque, les modes de transmission ainsi que les moyens de protection pour pratiquer une sexualité sécuritaire entre femmes.
L’HERPÈS
L’herpès est causé par le virus simplex de type 1 (herpès buccal- feux sauvages) et le virus simplex de type 2 (herpès génital). La transmission s’effectue par un contact direct avec la lésion (relations sexuelles vaginales, anales ou orales)ainsi que de la mère au bébé lors de l’accouchement. Les lésions ressemblent à de petites ampoules qui contiennent un liquide à l’intérieur duquel se trouve le virus. Ces petits boutons peuvent être très douloureux. La plupart des lésions guérissent d’elles-mêmes au bout de trois semaines après s’être crevées et être devenues des ulcères. Les autres symptômes pouvant être associés à l’herpès, mis à part les lésions visibles, sont des picotements à l’endroit où les lésions vont apparaître, l’augmentation des ganglions, la fièvre et des maux de tête. La majorité des lésions se situent sur les lèvres, le col utérin, les parois vaginales et l’anus. Il faut savoir que le virus simplex de type 1 peut se transmettre aux organes génitaux et que le virus simplex de type 2 peut se transmettre au niveau buccal. Par ailleurs, il est possible que certaines personnes puissent transmettre le virus sans la présence de lésions. Ainsi, des gens qui ne présentent aucun symptôme peuvent infecter leur partenaire sans le savoir. Enfin, il n’existe aucun vaccin ou remède pouvant guérir une personne de l’herpès. Cependant, certains médicaments peuvent soulager les symptômes et réduire le nombre et la durée des récidives.
LA CHLAMYDIAET LA GONORRHÉE
La chlamydia et la gonorrhée sont des infections causées par une bactérie dont la transmission se fait principalement par contact sexuel avec une personne infectée (relations sexuelles vaginales, anales ou orales) ainsi que de la mère au bébé lors de l’accouchement. Il n’existe pas de symptômes typiques associés à ces deux infections. En effet, ceux-ci sont souvent absents ou très discrets. Par contre, les infections touchent principalement le col de l’utérus, l’urètre, l’anus, la gorge et les yeux. Ainsi, l’infection provoquera une sensation de brûlure en urinant, des pertes vaginales anormales, du pus, de la douleur dans le bas ventre, des saignements entre les périodes menstruelles ou suite à une pénétration vaginale et, dans certains cas, une conjonctivite. La gonorrhée et la chlamydia se traitent à l’aide de la prise de médicaments (antibiotiques).
LES CONDYLOMES ET LE CANCER DU COL
Les condylomes ou verrues génitales sont une infection causée par le virus du papillome humain, nommé communément le VPH. Deux types de lésions sont possibles. Les premières ressemblent à des verrues qui sont visibles à l’œil nu et les secondes, celles que nous nommons les condylomes plans, ne sont pas visibles à l’œil et se situent davantage au niveau du col de l’utérus. Par contre, dans l’ensemble le VPH se retrouve davantage au niveau des organes génitaux (vulve, vagin, col de l’utérus), de l’anus et parfois, des muqueuses de la bouche. Ainsi, les condylomes se transmettent lors de contacts sexuels avec une personne infectée (relations sexuelles vaginales, anales ou orales) et, dans de rares cas, de la mère au bébé lors de l’accouchement. Mentionnons que le VPH peut entraîner un cancer du col de l’utérus. Ainsi, passer une cytologie du col (test PAP), aux ans, aux deux ans ou aux trois ans, augmente les chances de détecter des cellules anormales et donc de traiter efficacement et d’enrayer l’infection.
LES HÉPATITES
Les hépatites A, B et C sont des infections causées par un virus qui attaque le foie. En ce qui concerne le virus de l’hépatite A (VHA), celui-ci se retrouve dans les selles d’une personne infectée et peut donc se transmettre lors de relations sexuelles (orales-anales), par l’ingestion d’aliments contaminés(selles-mains-aliments-bouche) et par l’utilisation d’ustensiles contaminés (selles-mains-ustensils-bouche). Mentionnons que cette infection n’est pas reconnue comme étant une infection transmise sexuellement. Aucun traitement n’existe contre l’hépatite A. Cependant, un vaccin (administré en 3 doses) existe qui peut protéger la personne sur une période de 25 ans.
Concernant le virus de l’hépatite B (VHB), ce dernier se retrouve dans le sang, le sang menstruel, le sperme, les sécrétions vaginales et le lait maternel d’une personne infectée. Le virus peut donc se transmettre lors de relations sexuelles non protégées (relations vaginales, orales et anales), lors du partage de seringues et de matériel d’injection de drogue ainsi que lors de l’accouchement et de l’allaitement. Mentionnons, tout comme le virus de l’hépatite A, qu’un vaccin existe pour prévenir l’infection de l’hépatite B. Ce dernier sera administré en deux doses et peut également protéger la personne sur une période de 25 ans.
Finalement, en ce qui concerne le virus de l’hépatite C (VHC), celui-ci se retrouve uniquement dans le sang d’une personne infectée. Le virus peut donc se transmettre lors d’un contact direct des organes génitaux avec le flot menstruel de la partenaire infectée et lors du partage de seringues et de matériel d’injection de drogues avec une personne infectée. Également, le virus peut se transmettre par le tatouage, le « body piercing », l’électrolyse et l’acuponcture fait avec des instruments non stérilisés, et possiblement si vous avez reçu du sang, des produits sanguins ou une transplantation d’organe avant 1992. Dans 15% des cas, la personne infectée guérira naturellement de l’infection de l’hépatite C, alors que dans 85% des cas, les gens seront des porteurs chroniques et pourront développer une cirrhose du foie ou un cancer. À ce jour, aucun vaccin n’existe contre le VHC contrairement au VHA et au VHB. Deux traitements sont cependant disponibles mais seulement 40% des personnes infectées qui recevront la combinaison des deux traitements guériront.
Les symptômes associés au VHA, VHB VHC peuvent être les suivants : fièvre, fatigue, nausée, perte d’appétit, selles pâles, urine foncée, jaunisse, maux de ventre, maux de cœur et vomissement.
LES INFECTIONS VAGINALES ( LES VAGINITES )
Les infections vaginales (vaginite à champignons, vaginose et trichomonas) peuvent être occasionnées par des champignons, des bactéries et des parasites qui, dans la plupart des cas, se retrouvent naturellement dans la flore vaginale de plusieurs femmes. Ainsi, dans le cas de la vaginite à champignons (levure) et de la vaginose (bactérie), l’infection n’est pas nécessairement transmise sexuellement. En effet, certains facteurs peuvent causer une vaginite tels que les bains moussants, les douches vaginales, les serviettes sanitaires parfumées, le port du tampon, la prise d’antibiotiques, le diabète, la grossesse, le port de vêtements serrés, avoir une relation sexuelle avec une lubrification inadéquate, etc. Dans le cas de la vaginite à trichomonas (parasite), celle-ci, bien qu’étant moins fréquente, est le plus souvent transmise sexuellement. Les symptômes associés aux vaginites varient selon le type d’infection, mais nous remarquons le plus souvent les symptômes suivants : pertes vaginales anormales ou malodorantes, démangeaisons et irritations des régions vulvaires et vaginales, rougeurs et enflure à la vulve et une sensation douloureuse pendant les relations sexuelles ou au moment d’uriner. Les vaginites peuvent se transmettre lors de relations sexuelles avec une personne infectée (relation sexuelle vaginale). Enfin, selon le type d’infection, le traitement sera sous forme de crèmes vaginales, de suppositoires vaginaux ou de médicaments à prendre par la bouche.
LES PRATIQUES SEXUELLES À RISQUE
Nous savons que les femmes se retrouvant dans une relation monogame avec une autre femme et ayant eu des relations exclusivement lesbiennes courent moins de risque de contracter une ITS. Ceci étant dit, il n’en demeure pas moins que toute femme court le risque d’être infectée par l’une ou l’autre des infections transmises sexuellement si le sexe sécuritaire n’est pas pratiqué. De plus, les risques d’infection dépendent d’un certain nombre de facteurs tels que :
1)Le type de pratiques sexuelles sans protection qui est adopté (contact d’organes génitaux à organes génitaux (tribadisme), contact d’organes génitaux à organes génitaux durant la période menstruelle, partage d’accessoires sexuels (dildo, godemiché et vibrateur), relation sexuelle orale (cunnilingus), relation bouche anus (anulingus), pénétration des doigts ou du poing dans le vagin ou l’anus avec présence de coupures ou de plaies ouvertes sur les mains),
2)Le nombre élevé de partenaires sexuels,
3)Avoir des activités sexuelles sans protection avec une ou un partenaire qui utilisent des drogues injectables,
4)Avoir des activités sexuelles sans protection avec une ou un partenaire qui a des relations sexuelles sans protection avec des hommes.
UNE SEXUALITÉ PROTÉGÉE
Bien que la majorité des ITS puissent se guérir mis à part l’herpès, le VIH/sida et, dans certains cas,le VHB et le VHC, le meilleur moyen de se protéger demeure l’adoption de comportements sexuels sécuritaires. Les digues dentaires (carré de latex) sont un excellent moyen de protection lors de relations sexuelles orales (cunnilingus) et le condom demeure la meilleure barrière protectrice lors de la pénétration vaginale ou anale avec des objets sexuels. Bien que la pénétration des doigts ou du poing dans le vagin ou l’anus demeurent des pratiques sexuelles à faible risque, les gants ou les doigts en latex ainsi que l’utilisation de lubrifiant, qui diminue les risques de coupures ou d’éraflures à l’intérieur du vagin et de l’anus, offrent une excellente protection.
J’espère que les quelques renseignements qui vous ont été transmis vous auront permis d’être mieux renseignées sur les ITS et les risques de transmission et d’infection. La santé sexuelle demeure, à mon avis, une richesse pour laquelle chacune des femmes devrait être renseignée justement et clairement pour en prendre soin !
Cet article a été publié avec la permission de Lyne Massie.
2005-06-30 |
Allo!
J'ai découvert votre site ce soir, et en parcourant l'infos au sujet entre autres des vaccins contre l'hépatite A et B, je voudrais préciser qu'il y a une petite erreur...le vaccin contre l'hépatite A se donne en 2 doses et c'est celui contre l'hépatite B qui se donne en 3 doses.
En espérant que cela ne vous offusque pas!
En passant, votres ite est très bien!
A plsu!
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