Le sexe entre deux hommes implique t-il nécessairement qu’il y ait de la sodomie? Les relations sexuelles entre femmes sont-elles sans risques? Sucer sans condom, est-ce une pratique dangereuse? La sexualité allosexuelle est composée de nombreux mythes souvent loin de la réalité. Nous tenterons de faire la lumière sur ces questions d’importance.
La sodomie
La pénétration anale et l’homosexualité vont-ils toujours de pair? La croyance populaire semble directement associer ces deux concepts, alors que pour une majorité d’homosexuels, ce n’est pas vraiment le cas.
Deux préjugés sont issus de cette association. Le premier est que la sexualité entre deux hommes doit passer par la sodomie, et le second est de considérer cette pratique sexuelle comme étant immorale. Il est important de comprendre que ces deux préjugés sont faux.
Selon l’étude Comprendre l’homosexualité de Maria Castaneda, la sodomie n’est pas pratiquée par la majorité des gais, malgré les croyances populaires et la grande valorisation de cette pratique dans de la pornographie.
Un choix individuel
Dans le langage hétérosexuel, on a tendance à parler d’une relation sexuelle complète que s’il y a eu pénétration. Pourtant, ce jugement ne s’applique pas à la réalité homosexuelle. Seulement 36% des homosexuels pénètrent leur partenaire lors de rapports sexuels et 28% se font pénétrer, ce qui confirme qu’il est inexact d’associer sodomie avec homosexualité puisqu’elle ne fait pas partie de la vie sexuelle de la majorité.
De plus, cette pratique ne constitue en rien un acte immoral. La sodomie est une façon morale de transmettre amour et désir entre deux personnes consentantes, dans un contexte de respect. Dans ce même contexte, les deux partenaires peuvent en tirer une grande satisfaction! D’ailleurs, le point G de l’homme se situe à l’intérieur de l’anus.
Mentionnons qu’à la lumière de ces faits, le choix d’inclure la sodomie à ses pratiques sexuelles demeure un choix individuel, qui ne doit pas être influencé par les préjugés moraux, ni être fait pour correspondre aux clichés sexuels ou à la demande d’un partenaire. Il appartient à chacun de choisir son comportement dans l’intimité. La sodomie peut être fort agréable, mais la sexualité entre deux hommes peut contenir bien d’autres facettes.
Les relations entre femmes : sans danger?
De grands efforts sont faits auprès des hétérosexuels et des gais afin de les sensibiliser aux différents moyens de protection sexuelle. Cependant, peu de ressources sont consacrées aux lesbiennes. De ce fait, nombre d’entre-elles croient que les relations sexuelles entre femmes sont sans danger.
Il est certes vrai que les lesbiennes constituent un groupe beaucoup moins à risque que les gais ou que les femmes hétérosexuelles. Cependant, il est possible de contracter une maladie transmise sexuellement lors d’une relation sexuelle entre deux femmes. Certaines infections peuvent être transmises pendant le cunnilingus et lors du partage d’un vibrateur ou de tout autre objet sexuel.
Il existe un moyen de protection pour les rapports oraux entre femmes ou entre un homme et une femme qui se nomme la digue dentaire. Néanmoins, cette dernière n’est pas populaire et s’avère pour plusieurs désagréable à utiliser.
Cela ne signifie pas qu’il n’y a pas de précautions qui peuvent être prise. D’abord, il serait important de connaître les antécédents sexuels de votre partenaire. Vous êtes plus susceptible d’être porteuse d’une maladie si vous avez déjà eu des relations sexuelles avec un homme ou si vous avez déjà consommé des drogues injectables.
Ensuite, si vous utilisez des jouets sexuels, il serait plus prudent de ne pas les partager avec votre partenaire. Enfin, nous vous invitons à recueillir de l’information auprès de votre médecin ou d’un autre spécialiste au sujet de la digue dentaire afin de faire un choix éclairé quant à l’adoption ou le refus de ce moyen de protection à l’intérieur de vos relations sexuelles.
Peut-on sucer sans condom?
Bien que les risques des M.T.S sont connus par la grande majorité lorsqu’il s’agit de pénétration vaginale ou anale, une certaine nébulosité entoure les risques possibles pour la pratique de la fellation.
L’utilisation du condom est souhaitable pour ce type de rapport sexuel. Certaines maladies transmises sexuellement par le sperme peuvent être contractées oralement. De plus, même s’il n’y a pas éjaculation, des infections comme l’herpès peuvent être contractées au moment du contact de la bouche sur les organes génitaux.
Il est important de mentionner qu’une personne peut être atteinte de cette infection sans que cela soit visible lors de la fellation. Pour cette raison, une certaine prudence est de mise. Les statistiques démontrent qu’un québécois sur cinq a l’herpès! De là toute l’importance d’utiliser le condom!
L’utilisation du condom japonais est fortement conseillée. Étant plus mince, il procure plus de sensations, ce qui constitue un moyen de protection adéquat pour l’amour oral. Il est important d’infirmer le bien fondé de certaines tendances. Si jamais il y a éjaculation dans votre bouche, il est inutile de vous brosser les dents immédiatement après afin de prévenir la maladie. Au contraire, un brossage des dents pourrait engendrer l’apparition de lésion buccale, favorisant ainsi la propagation du V.I.H.
Consultez votre médecin
Il est important de faire part de votre homosexualité à votre médecin. Ce dernier doit être mis au courant afin de vous fournir les soins et conseils qui vous concernent dans votre situation.
Si vous n’êtes pas encore à l’aise avec votre homosexualité, un médecin peut vous proposer des ressources et vous aider si vous éprouvez des difficultés psychologiques dans cette situation. Un médecin demeure la personne la plus qualifiée pour vous conseiller au sujet de votre activité sexuelle, des précautions à prendre ou des M.T.S.
Quelques termes sexuels
Top, bottom et versatile : Ces expressions définissent les positions pratiquées chez les gais qui incluent la sodomie dans leurs rapports sexuels. Le top est celui qui pénètre et le bottom est pénétré. Une personne versatile pratique les deux positions.
Barebacking : pratiquer la sodomie sans condom. Prenez note que cette pratique est, évidemment, très risquée en ce qui concerne la transmission de M.T.S.
Le trempage ou dipping : constitue une forme de coït interrompu. Cela consiste à avoir une seule pénétration sans éjaculation avant de mettre le condom. Malgré le fait qu’il n’y ait pas d’éjaculation cette pratique comporte des risques si vous avez des rapports sexuels avec une personne qui a une M.T.S.
Cet article a été publié le 24 février 2005, dans le journal Infomane du cégep du Bois-de-Boulogne.