Publicit/
AlterHéros - Une ressource littéraire pour lesbiennes bien particulière
Célébrations 2010
Page d'accueil
Zone des alterhéros
Bénévoles en action
Pour jeunes seulement
Parents & Famille
Profs & Intervenants
Réseau d'entraide
Déclaration des Alliés
À propos d'AlterHéros
Suivez-nous partout! Ajouter AlterHéros à Mon Yahoo!
Ajouter AlterHéros à Page d'accueil Google
Flux RSS

Célébrations LGBTA 2010

Une ressource littéraire pour lesbiennes bien particulière
Jean-Pierre Vu
AlterHéros, 2005-09-05
Ads

Il existe présentement une ressource littéraire bien unique sur Internet: une bibliographie annotée de la littérature canadienne avec contenu lesbien – compilée par Nairne Holtz, une écrivaine lesbienne.
Cette bibliographie s’adresse à des groupes divers, incluant : les lecteurs intéressés par la littérature canadienne ou la littérature allosexuelle, les groupes communautaires allosexuels (soirées de lecture!), la communauté académique, ainsi que les bibliothécaires désireux d’agrandir leur collection.
AlterHéros l’a rencontré pour qu’elle nous parle de son œuvre d’amour, ainsi que de ses pensées sur la communauté lesbienne à Montréal.

Librairie de la fierté
Nairne Holtz détient un baccalauréat ès arts, une maîtrise en littérature anglaise ainsi qu’une maîtrise en bibliothéconomie, tous décernés par l’Université McGill. Elle a beaucoup œuvré le domaine juridique, mais a aussi travaillé dans le catalogage et les ouvrages de références. Elle a été également bibliothécaire en chef dans des bibliothèques publiques et académiques.
L’origine de cette bibliographie vient de la période où elle travaillait comme bénévole dans le développement de la collection d’une bibliothèque spécialisée en littérature allosexuelle, la Pride Library (« Libraire de la fierté »).
La bibliothèque est affiliée à l’University of Western Ontario, mais reste entièrement autonome en tant qu’entreprise. La collection est cataloguée par l’université et il est même possible d’emprunter ses livres à travers toute l’Amérique du Nord par l’entremise d’un prêt inter-bibliothécaire. « C’est la meilleure référence en littérature allosexuelle au Canada », affirme Nairne.

Canadien, lesbien ou bisexuel
C’était en 1999. Elle devait compiler une bibliographie de la littérature lesbienne canadienne et ne pensait pas trouver autant de matériel! La liste devait au préalable inclure les auteures lesbiennes et bisexuelles, mais peu après, elle a réalisé que cela était une tâche plutôt délicate.
« Ça commençait à relever du potin et des ouï-dire! Il fallait tenir compte de celles qui n’étaient pas sorties du placard, d’autres qui affirmaient n’aimer que les hommes ou d’autres encore qui voulaient être homme… », nous dit-elle. 
Le critère officiel, « littérature canadienne avec contenu lesbien ou bisexuel», venait de naître. À ce point-ci, elle aurait déjà couvert entre 95 et 98% de tous les livres canadiens anglais.

Des sources de toutes parts
Comment trouve-t-elle ces livres? « J’ai plusieurs sources. À travers ma collection privée  (parties dont je fais souvent don aux bibliothèques), les maisons d’éditions féministes et ses anthologies, en discutant avec d’autres personnes, en visitant les librairies d’autres villes… » 
Pour le moment, seulement les livres francophones traduits en anglais sont inclus dans la bibliographie. Bien qu’elle possède une liste d’auteurs francophones, sa connaissance du français ne lui permet pas d’en faire une lecture efficace, et elle recherche donc quelqu’un qui pourrait l’aider dans son cette tâche.
« Malheureusement j’ai de la difficulté à trouver des candidats. La plupart pensent n’avoir pas assez de qualifications ou de connaissances académiques… », déclare-t-elle.
En tant qu’écrivaine, Nairne nous déclare que le monde de l’écriture est très homophobe. « La plupart des éditeurs, ayant devant eux un manuscrit dont les protagonistes sont en majorité allosexuels ou dont l’action se déroule grandement dans la communauté allosexuelle, vont vous accuser d’avoir l’esprit étroit. », raconte-t-elle.
« Ce n’est pas qu’ils n’aiment pas, c’est qu’ils ne sont nullement intéressés et ne comprennent pas les allusions. »

Une culture allosexuelle différente de la culture hétérosexuelle?
AlterHéros lui a demandé alors si la « culture allosexuelle » se distingue de la culture populaire, qui est majoritairement hétérosexuelle.
« Oui, elle est différente, mais ça ne veut pas dire qu’elle est monolithique non plus. Les thèmes et références sont différents, les inquiétudes sont différentes…
Pour mentionner des noms – on avait déjà – en parlant des lesbiennes – K.D. Lang, Melissa Etheridge, Indigo Girls. Mais aujourd’hui pour la première fois, la culture lesbienne est au même niveau que la culture populaire... »
Elle parle de la série télévisée The L World (diffusée au canal Showtime et maintenant en français sur Art TV ), qui est aux lesbiennes ce qu’est Queer as Folk aux gais.
« Toutes mes amies  regardent cette émission! », dit-elle en riant.  « Dans toutes les villes, on trouvera un mouvement de contre-culture lesbien.  Par exemple, à Montréal, on a le groupe musical Lesbians on Ecstasy – qui ont reçu une nomination dans la catégorie chanson lors du Gala MIMI 2005 (Montreal Independent Musical Initiative/Initiative Musicale Internationale de Montréal) et qui ont déjà été en tournée avec Le Tigre. »

Difficile de percer
Elle commente: « Il est très difficile de percer dans le milieu (de la littérature) populaire en même temps que dans le milieu allosexuel – quand on parle de contenu allosexuel. »
Elle mentionne le premier livre avec contenu lesbien qui a été un best-seller national et international: Fall on my Knees d’Anne-Marie MacDonald. « Ce roman a permis d’entrouvrir la porte… les livres pouvaient maintenant se permettre d’avoir comme personnage principal une lesbienne – mais entourée de beaucoup de personnages hétérosexuels – et pouvoir quand même bien se vendre.»
Mais elle dit aussi que les écrivains allosexuels à Montréal ne sont pas isolés. D’un point de vue politique, ils travaillent et se doivent de travailler ensemble – comme une petite sphère englobée par la grande sphère qu’est la littérature populaire « hétérosexuelle ».
Nairne organise deux fois par année un brunch convivial où des écrivains allosexuels sont invités pour une séance de brainstorming et de discussion.

Invisibles les lesbiennes?
Pour terminer, AlterHéros lui a demandé ce qu’elle pensait de l’invisibilité des lesbiennes à Montréal. « Invisible? Je ne pense pas! Divers/Cité? Suzanne Girard. Image et Nation? Charlie Boudreau. Productions OUT? Alex Boutros.» Elle nomme encore d’autres groupes dont on trouvera les noms et/ou liens à la fin de cet article.
« Il s’agit de se créer un réseau. Si invisibilité il y a, c’est plutôt au niveau des minorités visibles! Regardez dans toutes les organisations allosexuelles et ceux qui y président – ce sont tous des blancs… »
Elle pense que les lesbiennes sont plus animées par un sentiment communautaire – les gais sont plus fonceurs et orientés vers le commercial, donc sont forcément plus visibles. Les femmes par contre essayent de se créer un réseau culturel. Elle remarque aussi qu’il y a une division entre la communauté lesbienne anglophone et francophone.
« Je trouve les francophones plus conservateurs. Ils sont nés ici et n’ont pas à faire autant d’effort pour y rester, tandis que pour les anglophones, c’est différent. Ces derniers sont souvent venus pour la scène culturelle et artistique, ils viennent d’ailleurs et doivent ainsi s’adapter à une différente réalité. Je dirai que les activités pour les lesbiennes francophones sont surtout pour les plus âgées. C’est plus dur pour les jeunes – mais je crois que de ce côté-là il y a les activités sportives. »

D'autres projets...
Nairne Holtz a récemment complété un roman, Albatrocity, qui est en attente de publication. Elle édite aussi présentement une anthologie canadienne de fiction lesbienne, qui sera plus axé vers les milieux académiques, une première du genre. Les critères de sélection seront plus exigeant au niveau de la qualité de l’écriture et de la carrière de l’écrivain.
Son prochain projet est l’adaptation d’une de ses nouvelles par l’artiste Leanne Franson, une illustratrice connue aux États-Unis, au Royaume-Uni et au Canada, dont les œuvres pour enfants ont reçu une nomination du Gouverneur Général.

Groupes/liens d’intérêt:
Annotated Canadian Lesbian Literature, par Nairne Holtz, écrivaine (le site contient également quelques-uns de ses écrits)
Leanne Franson, illustratrice
Unholy Army of the Night, groupe fétiche et S/M pour femmes
Image + Nation, festival de cinéma à thématique allosexuelle
Tip of the Tongue, groupe de sorties pour anglophones (514-938-1583 / 362-1075)
Amazones des grands espaces, groupe plein-air pour francophones
Réseau des lesbiennes du Québec
Mangeuse de pantoufle
, média – arts – sports – social (bilingue)
Revue Treize
Lindsey’s Bed & Breakfast
, B&B pour femmes
Femme Fridays au Parking Bar (1296, Amherst)
Heidi Bronstein, organisatrice des soirées Femme Fridays et autres événements pour lesbiennes
Productions OUT, compagnie de théâtre allosexuelle
Le Boudoir, cabaret/burlesque annuel
Le Centre Dragonroot contre l’oppression des genres (anciennement Le Centre des femmes de Concordia)

 
Cet article a été publié avec la permission de Jean-Pierre Vu.


   
 
 
AlterHéros est un organisme canadien
à but non lucratif géré bénévolement
Canada / Quebec

Avis juridique
- Politique de confidentialité
© 2002-2010 AlterHéros - Tous droits réservés