Prendre part à une Conférence internationale, comme celle tenue lors des OutGames, je ne peux que souhaiter à tous les militants de défense des droits LGBT de vivre ça au moins une fois dans leur vie !
Durant trois jours, être entourée de plus de 1500 militants, dont plusieurs de renommée internationale, c’est très émouvant. Et lorsque l’on a la chance d’entrer en contact avec eux, qu’ils soient de l’Inde, de Chine, d’Afrique ou d’Amérique Latine, l’évidence saute aux yeux : malgré que nous vivions dans des environnements culturels et politiques fort différents, nous sommes tous les mêmes, au fond, et nous cherchons tous notre place au soleil!
Face à la Nouvelle-Zélande
Durant la Conférence internationale, j’ai eu la joie et le plaisir d’organiser et d’animer un atelier ainsi que de prendre part à un second, tous deux concernant la problématique transsexuelle.
Dans l’atelier que j’ai organisé pour le compte de la Coalition des transsexuel(le)s et transsexué(e)s du Québec (CTTQ) : La difficulté des personnes trans à s’organiser en vue d’une mobilisation afin de défendre leurs droits, il y avait devant moi cette belle grande femme, très bien articulée et souriante, qui était là, approuvant avec des signes de tête tout ce que je disais.
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photo: Julie-Maude Beauchesne Georgina Beyer, la première parlementaire transsexuelle au monde, députée de Nouvelle-Zélande.
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Au bout d’un moment, elle finit par se présenter et affirmer qu’elle était non seulement, elle aussi transsexuelle, mais qu’en plus, elle était députée au parlement de la Nouvelle Zélande! En fait, j’avais devant moi Georgina Beyer, la première femme transsexuelle à avoir été élue comme parlementaire au monde!
Wow! Quel feeling d’avoir en face de soi un tel modèle de fierté personnelle, de dévouement pour la cause allosexuelle!
Mais bref, une fois l’émotion passée, en échangeant durant l’atelier, nous nous rendions compte l’une et l’autre, comme ce fut le cas pour les autres participants et pour les deux journalistes présents (La Presse et Radio-Canada, rien de moins…de quoi rendre la présentatrice assez nerveuse!) que même si nous vivons dans des pays situés aux antipodes sur cette petite planète, dans la vie de tous les jours, nous faisons face aux mêmes défis, aux mêmes dynamiques communautaires, aux mêmes problèmes.
Enfin nous réalisons que nous ne sommes plus seuls au monde à vivre de telles réalités, mais que chacun d’entre nous, chez nous, sommes à la fois uniques et universels!
Changer le monde…
En discutant avec une congressiste du Québec, nous nous demandions ce qui allait rester de cette conférence Internationale sur les droits humains. La réponse s’est vite fait sentir. L’élément central des 200 ateliers qui se sont tenus lors de ces trois journées se résume à ceci : malgré la volonté du cerveau humain à mettre les autres dans des boîtes (et ça nous arrive à tous et chacun de temps à autre, consciemment ou non), nous sommes tous uniques et nous sommes tous vrais, avec nos réalités propres.
Une fois que nous retournerons à la maison, demain, nous serons mieux armés que jamais pour répondre aux stupidités que nous pouvons entendre au sein même de nos communauté respectives.
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photo: Julie-Maude Beauchesne Julie-Maude Beauchesne et Georgina Beyer
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Aux déclarations en emporte-pièce du genre : « tu n’es pas une vraie lesbienne, tu as déjà couché avec des hommes ! », ou « tu n’es pas vraiment transsexuelle, car tu ne veux pas te faire opérer », « moi, je ne veux pas faire partie de la parade gaie, car les cuirs, je les aime pas. Je veux parader avec des gens NORMAUX comme moi… », nous pourrons répondre qu’être vrai et soi-même, c’est ça être NORMAL, peu importe la manière que nous l’exprimons. Accepter et promouvoir les différences des autres, c’est aussi accepter et promouvoir la sienne.
Cette question sera aussi un des éléments qui restera de cette Conférence internationale sur les droits humains. Si nous souhaitons être acceptés, avec nos différences dans l’ensemble de la société, il faut d’abord encourager et promouvoir l’émergence de ces mêmes différences au sein de la communauté LGBT.
Le fameux adage, « je peux changer le monde, car je suis en mesure de me changer moi-même » ne sera jamais aussi vrai que lorsque nous l’appliquerons aussi à nous, en tant que communauté, « nous pourrons changer le monde, car nous pouvons changer nos propres mentalités en premier ! »